dimanche, 01 juillet 2007

Les alters poussent un « cri d’alerte » énergique


Lu dans l'Huma, ce papier de Thomas Lemahieu. Un collectif d’organisations syndicales et associatives dénonce « l’absurdité écologique et économique » de l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité.

« L’électricité n’est pas une marchandise. » Hier matin, lors d’une conférence de presse, ATTAC, la FSU, l’Union syndicale Solidaires, SUD énergie, la Fondation Copernic, le réseau de contre-expertise AITEC et la Convergence nationale des collectifs de défense et développement des services publics ont lancé un « cri d’alerte » collectif contre le parachèvement de la libéralisation du secteur de l’électricité, avec la « liberté », offerte aux particuliers à compter du 1er juillet, « de choisir leur fournisseur d’électricité et de gaz en faisant jouer la concurrence ».

RASSEMBLEMENT FESTIF ET MILITANT

Pour ces altermondialistes, qui organisent un « rassemblement festif et militant » samedi prochain devant le siège de la Commission de régulation de l’énergie (1), la mise en concurrence à marche forcée illustre l’incapacité des institutions européennes à remettre en cause ses « dogmes néolibéraux ». « Cette ouverture à la concurrence nous est toujours présentée comme ayant pour vertu de faire baisser les prix pour les consommateurs, rappelle Marc Mangenot (Fondation Copernic), mais, en fait, en nourrissant les appétits des actionnaires, les groupes multiplient les coûts et les répercutent sur les consommateurs, sur leurs agents et sur les salariés qui travaillent pour les sous-traitants. » Chargée d’animer cette campagne à ATTAC, Christiane Marty confirme : « La concurrence ne fait pas baisser les tarifs. Regardez au Royaume-Uni (+ 81 %) ou au Danemark (+ 92 %) où les prix de l’électricité se sont envolés en cinq ans. Et dans tous les cas, avec la fin de la péréquation, ce sont les ménages les plus démunis qui paient la facture, pendant que les ex-monopoles publics se transforment à coups de fusions en des sociétés énormes qui voient leurs bénéfices s’élever à plusieurs milliards d’euros par an... »

Pour Bernard Defaix, porte-parole de la Convergence nationale des collectifs de défense des services publics, cette nouvelle étape de la libéralisation du marché de l’énergie a un « caractère inepte, mais profondément cohérent avec des politiques qui favorisent les actionnaires » : « Nous devons, invite-t-il, parvenir à lancer le grand débat public qui n’a pas eu lieu jusqu’ici, afin de montrer à quel point cette libéralisation est inepte au regard des exigences de maîtrise publique du droit à l’énergie. » Pierre Khalfa, secrétaire national de Solidaires, ajoute : « En incitant au sous-investissement, comme on l’a déjà vu dans les télécoms, cette libéralisation est absurde tant pour les tarifs que pour le fonctionnement du secteur et la frénésie néolibérale de la Commission européenne, appuyée par les États, est absurde tant du point de vue écologique que du point de vue économique : il y a des pertes en ligne avec les transports sur de longues distances de productions qui ne sont pas stockables et, par ailleurs, plus les réseaux sont interconnectés, plus le risque est grand de voir, comme en novembre dernier, des pannes localisées se répandre comme une traînée de poudre dans la moitié de l’Europe. » Pour Anne Debregeas, de SUD énergie, « on sent qu’il y a quand même un malaise car, quand les prix libres augmentent, personne n’ose plus défendre cette politique » : « C’est tout le paradoxe de cette période où on ouvre certes à la concurrence, mais comme les tarifs réglementés sont maintenus, on ne voit pas bien pourquoi les usagers iraient voir ailleurs - ils ont tout intérêt à rester chez EDF, sauf à succomber à des offres qui ne peuvent qu’être trompeuses et à court terme. Dans ces conditions, l’ouverture du marché devrait rester largement fictive. »

(1) Rendez-vous demain

à 13 heures, devant la CRE,

2, rue du Quatre-Septembre

à Paris (métro Bourse).

 

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