samedi, 20 octobre 2007
Guy Môquet, le récupéré de Sarko 1er !
Très bien envoyé ce billet lu sur le site du SNES : La lettre de guy môquet : un cas d’école ?. Il est signé Alice Cardoso, Valérie Sultan.
Une note de service du ministre, parue au B.O du 30 Août 2007 précise les nouvelles modalités de lecture de la lettre de Guy Môquet.
Celle-ci est prévue le 22 octobre, jour de la commémoration de la mort de Guy Môquet, faite par le chef de l’Etat. Tous les lycéens de France seront en « communion » avec le Président à cette occasion, qui sera, on peut le prévoir, un grand moment médiatique.
Sans revenir sur le détournement décomplexé qui est fait de l’engagement résistant du jeune communiste, l’instrumentalisation de l’histoire a largement été soulignée.(1)
Au-delà de cette seule question, comment accepter que l’école devienne le lieu de création factice d’une Union Sacrée, a-critique par le biais d’une cérémonie commandée ?
On peut concevoir qu’il soit possible de contextualiser, de tirer partie de l’injonction pour faire venir un intervenant, etc. Ce qui signifie quand même qu’on accepte d’arrêter séance tenante tout ce qu’on est en train de faire pour consacrer son cours au sujet choisi par le président. Au passage, bien des profs d’histoire se demandent comment ils vont contextualiser sérieusement cette lettre en dehors du chapitre consacré à la France pendant la guerre et à la Résistance.
Mais à combien d’autres commémorations faudra-t-il ensuite se plier ?
Certains ont déjà pris leur décision : ils ne liront pas la lettre ce jour là.
La circulaire ne nous oblige en rien à participer, aucun prof n’est sommé de lire la lettre. Avec eux c’est mieux, mais en cas de « résistance », on peut faire sans. D’une manière ou d’une autre, il faudra se positionner : se taire, ou dire aux élèves ce qu’on en pense, ou les faire débattre sur le sens de cette journée. On pourrait alors être tentés de prendre les élèves à témoin des contradictions et des dérives de l’Exécutif, ce qui interroge notre souci de neutralité ou d’objectivité par rapport à une situation politique. Car c’est bien de politique qu’il s’agit.
Peut-on prendre le risque que la journée transforme le lycée en arène politique ?
Face à cette situation inédite, une autre position tenable : le refus collectif de l’équipe éducative
Elle a l’intérêt d’éviter le positionnement politique en classe et donc se justifie par notre déontologie professionnelle. Un rapport de l’inspection générale de 1998 a d’ailleurs dénoncé le « zapping commémoratif » comme contre productif.
Il n’est pas défendable de fonder l’enseignement sur le recours à l’émotion, ni d’obéir sans condition à une prescription présidentielle, venant perturber une progression pédagogique construite selon une logique précise s’inscrivant dans le respect des programmes.
Le SNES ne peut cautionner cette entreprise commémorative décidée par le seul chef de l’exécutif. Il n’accepte pas que les enseignants y soient associés malgré eux, ne serait-ce qu’en suspendant leurs cours pour accompagner les élèves à une cérémonie qui aurait lieu dans l’établissement.
Il appelle l’ensemble de la communauté éducative des établissements concernés à construire collectivement ce refus, à l’expliciter auprès des parents d’élèves, afin de lever tout malentendu.
Il soutiendra toutes les démarches collectives allant dans ce sens.
Commentaire du posteur de ce message : Issu d'une famille de résistants communistes, je ne vois pas comment un homme qui est pour les quotas raciaux, pour les tests ADN pour les étrangers peut se revendiquer de Môquet. Les héritiers de la France de Vichy n'ont pas à salir la mémoire des fils et filles de la résistance. La gauche doit aller à la reconquête de ses symboles et de ses héros, en commençant par rendre hommage de manière unitaire à Guy Môquet, sur les lieux qu'un certain Nicolas Sarkozy a souillé par sa présence au lendemain de son élection.
17:00 Publié dans Sur le Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : UMP, Sarkozy, Résistance, Môquet, SNES


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