lundi, 29 octobre 2007
Chevénement a les mots justes !
12:40 Publié dans Agir | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, mini-traité, Chevènement
dimanche, 28 octobre 2007
Si VGE le dit ....
Dans Le Monde Valéry Giscard d'Estaing (La boîte à outils du traité de Lisbonne) décrit le traité de Lisbonne comme une pâle copie du traité constitutionnel, rejeté par 55% des Français par référendum en 2005. Extrait : «Dans le traité de Lisbonne, rédigé exclusivement à partir du projet de traité constitutionnel, les outils sont exactement les mêmes. Seul l'ordre a été changé dans la boîte à outils. La boîte, elle-même, a été redécorée, en utilisant un modèle ancien, qui comporte trois casiers dans lesquels il faut fouiller pour trouver ce que l'on cherche.»
08:55 Publié dans Constitution libérale européenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, mini-traité, VGE
Si Angela le dit ...
« La substance de la Constitution est maintenue. C'est un fait.» (Angela Merkel, chancelière allemande, The Daily Telegraph, 29 juin 2007).
08:45 Publié dans Constitution libérale européenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, mini-traité, Angela Merkel.
samedi, 27 octobre 2007
Quand la plupart des éditorialistes adoptent - sans référendum - le nouveau traité européen
Lu sur Acrimed. Le Traité européen adopté à Lisbonne - par les chefs d’Etat et non par les peuples d’Europe -, soulève plusieurs questions : Quel est son contenu ? Faut-il ou non l’approuver ? Par quelle voie doit-il être approuvé ou rejeté ? Comment la plupart des médias informent-ils à son sujet et prennent-ils position ? C’est cette dernière question qui mérite d’être privilégiée ici.Un traité qui nous veut du bien
De l’avis même de quelques journalistes qui l‘approuvent, le Traité dit « simplifié » [1] reprend pour l’essentiel celui qui avait été rejeté lors du référendum du 29 mai 2005. Jean Quatremer, qui ne dissimule guère son approbation, le reconnaissait dans Libération dès le 19 juin 2007 : : « Disons-le tout net : le « traité simplifié » que le chef de l’Etat français appelle de ses vœux et qu’il espère voir adopter par le Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement qui se tient jeudi et vendredi n’est rien d’autre que la défunte “Constitution” présentée avec un autre habillage. Dit autrement, le futur texte n’en aura pas le titre, il n’en aura pas l’apparence, mais il aura le même contenu, à quelques éléments près. » Ceux qui s’y opposent, comme Attac, ne disent pas autre chose [2]. Mais la plupart des médias se gardent bien d’établir la comparaison.
On ne sera donc pas étonné que la quasi-totalité de ces mêmes médias et des éditorialistes qui les décorent, implicitement ou explicitement, se réjouisse, avec plus ou moins d’enthousiasme, de voir confirmer l’essentiel du Traité rejeté par référendum. L’éditorial du Monde du 20 octobre - « Europe, une étape » - résume le sentiment de presque tous : « Enfin. En approuvant le traité simplifié, les Vingt-Sept ont mis un terme à la querelle institutionnelle dans laquelle les Européens s’épuisaient depuis le traité de Maastricht de 1991. Le résultat n’est pas parfait. Mais il n’y avait sans doute pas, aujourd’hui, d’autre compromis possible. »
On ne sera pas étonné non plus que leurs arguments se ressemblent et que, aussi discutables soient-ils, ils ne soient pas présentés comme tels. Principal argument ? Le nouveau traité permettrait de sortir l’Europe de « l’impasse » dans laquelle elle serait bloquée depuis les « non » Français et Néerlandais.
Dès le 19 octobre, les J.T. avaient donné le ton, entre soulagement et acclamation. Catherine Matausch (19/20 de France 3) : « L’Europe à 27 à nouveau en marche [...] deux ans après le non français à la Constitution. » François Beaudonnet (envoyé spécial de France 2) : « Il y a deux ans avec le référendum, la France avait plongé l’Europe dans une grave crise institutionnelle ; aujourd’hui à Lisbonne, avec le Traité simplifié, elle espère l’avoir aidée à sortir de l’impasse. » Claire Chazal (sur TF1, bien sûr) : « Chacun y voit une chance de sortir l’Europe de la crise institutionnelle. » Qui nous dira qui est ce « chacun » qui nous englobe tous ?
Le lendemain, 20 octobre, la presse écrite est au diapason [3]. Dans Le Journal de la Haute-Marne Patrice Chabanet est soulagé : « L’accord de Lisbonne marque une avancée après la crise déclenchée par les "non" français et hollandais. » Andre Schlecht lui fait écho dans L’Alsace : « L’Union est sortie de l’impasse . » Hervé Faure ne dit rien d’autre dans La Voix du Nord : « L’accord trouvé à vingt-sept, dans la nuit de jeudi à vendredi à Lisbonne, sur le nouveau traité européen, met un terme à plus de deux années de panne institutionnelle. »
Asséner comme une vérité indiscutable ce qui mériterait discussion est un privilège d’éditorialiste tout aussi discutable. Or, le 22 juin 2007 dans Le Monde, Florence Deloche-Gaudez secrétaire générale du Centre d’études européennes de Sciences Po tempère l’ardeur des dispensateurs de pseudo-évidences : « Contrairement à une idée reçue, dit-elle, pour l’instant, l’Europe n’est pas bloquée au quotidien. Chiffres à l’appui, une étude de l’Observatoire des institutions européennes montre que l’Union continue à décider, et même plus rapidement qu’avant l’élargissement de mai 2004 à dix nouveaux pays ! » Même Jacques Espérandieu, éditorialiste au Journal du Dimanche, pourtant favorable au nouveau texte, corrige ses confrères le 24 juin 2007 : « Prétendre que l’Union ne fonctionnait plus depuis le "non" français est un pieux mensonge. »
Ce référendum qui nous ferait tant de mal
Mais ces « pédagogues » autoproclamés qui, à ce titre, avaient monopolisé la campagne de 2005 sont aussi de fervents soutiens de la démocratie [4]. C’est pourquoi nombre d’entre eux s’étaient opposés à la tenue d’un référendum pourtant maintenu par le Président Chirac. Et, une fois le résultat connu, les mêmes ne s’étaient pas bornés à le déplorer : c’est le référendum lui-même qui était mis en accusation.
On ne sera donc pas étonné que désromais la quasi-totalité des médias et des éditorialistes se réjouissent du recours à une procédure parlementaire de ratification. Toujours prompts à donner des leçons de démocratie, ils se félicitent que les gouvernements n’envisagent pas de commettre l’irréparable : soumettre le nouveau texte à référendum. Le Monde dans son éditorial daté du 20 octobre assène : « L’engagement de Nicolas Sarkozy de ne pas organiser de référendum sur ce nouveau texte est un gage de succès. »
André Schlecht dans L’Alsace, le 20 octobre, constate : « Sauf en Irlande, où la Constitution le prévoit de façon contraignante, le référendum est ouvertement déconseillé partout, pour ratifier le nouveau texte, au profit de la voie parlementaire. » Déconseillé ? Mais par qui ? Par les gouvernants ? Soit. Mais aussi par les commentateurs qui les suivent.
Patrice Chabanet dans La République de la Haute-Marne du même jour se réjouit lui aussi : « A priori, la ratification par chaque Etat-membre ne devrait pas poser de problème, dans la mesure où elle passera par le canal parlementaire. Chat échaudé craint l’eau froide : Nicolas Sarkozy n’entend pas se prendre les pieds dans le tapis référendaire comme son prédécesseur. » [5]
Le choix de la procédure parlementraire étant donné comme le meilleur, le rôle des éditorialistes, comme toujours, est de concourrir à une indispensable « pédagogie ». Celle-là même que préconise François Tartarin, dans La Nouvelle République du Centre Ouest du 20 octobre 2007 : « L’accord obtenu à Lisbonne ne dissipe pas les réticences des "nonistes" de 2005 [...]. Les critiques seront d’autant plus vives que la France recourra à la ratification par voie parlementaire, et non par référendum, un choix qui rend décidément nécessaire le travail d’explication auprès de l’opinion. Pour inscrire le traité de Lisbonne dans l’histoire commune, l’Europe ne pourra faire l’économie d’un vrai projet. » [6]
Jean Quatremer, dans l’article de Libération déjà cité, expliquait : « C’est le second effet du vote du 29 mai 2005. La démocratie directe, du moins en France, a sans doute son avenir derrière elle. Surtout en matière européenne. Désormais, les Etats membres veulent qu’un gouvernement soit capable d’assumer sa signature et puisse garantir que son accord ne sera pas ensuite invalidé par son peuple. Et cela, seule la voie parlementaire le garantit [...]. Certains affirment que la négociation par les seuls diplomates, suivie d’une ratification parlementaire, va concourir à éloigner davantage les peuples de l’Europe. On peut sérieusement en douter. »
Ainsi le renoncement au référendum serait un « effet du vote du 29 mai 2005 » et non, ce qui serait plus exact, une des leçons que la plupart des politiques et des majestés du commentaire médiatique ont tiré de ce vote [7].
Alain Duhamel, au micro de RTL, le 1er juin 2007 s’indignait par avance de toute campagne en faveur du recours au référendum sur RTL : « Il y aurait sûrement de toute façon une campagne là-dessus. Cela dit je trouve que ça se serait une campagne injuste. D’abord parce que c’est plus du tout une constitution. Plus du tout. Peut-être malheureusement mais ça l’est plus. Ensuite parce que le traité de Nice il a été ratifié par voie parlementaire. Là il s’agirait d’amendement au traité de Nice. » Il suffisait donc de changer l’adjectif et de remplacer « constitutionnel » par « simplifié »… On attend toujours sur RTL le débat qui permettrait d’examiner s’il s’agit là d’arguments ou d’arguties.
Aux yeux de ces éducateurs du peuple qui, conseillers des gouvernements, enseignent une version singulière du droit constitutionnel et de la démocratie, le rejet du recours au référendum est tellement évident que Laurence Ferrari sur le plateau de Dimanche+ le 21 octobre 2007, n’interroge même pas François Hollande sur l’éventualité d’un référendum préférant le questionner, non pas sur le contenu du Traité, mais sur les divisions au sein du PS.
Ne reste alors qu’une seule inquiétude : la majorité des 3/5 sera-t-elle ou non atteinte ? Jean-Michel Helvig, dans La République des Pyrénées du 25 juin 2007, mettait déjà en garde le PS et les parlementaires éventuellement récalcitrants de ce parti : « Il ne manquerait plus que la gauche française, pour ressouder ses rangs entre "ouistes" et " nonistes " y fasse obstacle au Parlement. Le PS s’il prenait ce risque, y perdrait sans doute assez d’électeurs pour prolonger sa cure d’opposition bien au-delà de 2012. » [8]
À ce péril s’en ajoute un autre dont Alain Duhamel agite la menace sur RTL : « Ce sera une majorité des trois cinquièmes. L’opposition de gauche dispose à l’Assemblée nationale de plus de 220 sièges, donc il n’y a pas de majorité automatique [...]. Et puis il faut dire les choses comme elles sont, ça serait difficile que pour la deuxième fois, la France propose une formule, puis la refuse parce qu’à ce moment là, ce ne serait plus le pays fondateur de l’Europe, ça deviendrait le pays fossoyeur de l’Europe . » On attend toujours sur RTL et ailleurs le débat correspondant. Le suivisme à l’égard des gouvernements en tient lieu [9].
Un référendum ? Peut-être… Mais une autre fois ainsi que le suggère Jean Levallois dans La Presse de la Manche : « En fait, pour clarifier les procédures, il serait bon que, sur de grands sujets, éventuellement sur un projet de Constitution, un jour, ce soit l’ensemble des citoyens de l’Union européenne qui, le même jour, votent ensemble, par référendum, sur proposition conjointe du Conseil européen et du Parlement de Strasbourg. Ça aurait du sens, et nous connaîtrions le choix véritable des Européens. » [10]
Que l’on approuve ou non le Traité, que l’on soutienne ou non le recours à la voie parlementaire, force est de constater l’ampleur du consensus éminemment pluraliste qui permet de soustraire aux débats les objets même des débats. On se prend alors à regretter (presque…) que, au nom de ce même consensus, le référendum ne soit pas réservé aux éditorialistes, chroniqueurs, interviewers, présentateurs : l’approbation du « nouveau » traité serait presque unanime ! Et au cas où un tel référendum ne pourrait pas être organisé, qu’on les réunisse à Congrès à Versailles : la majorité des 3/5 serait largement dépassée !
Les médias de masse sont, nous dit-on, des garants de la démocratie. Soit. Mais ils peuvent être aussi les gardiens de sa mise en quarantaine au nom de la « pédagogie » et de la raison... des gouvernants.
Henri Maler et Denis Perais
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[1] Ce qualificatif est pour le moins inapproprié comme le reconnaît le 20 octobre 2007 Jean-Claude Kiefer, partisan de son adoption, dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Il évoque un texte « qui reste un traité de mécanique générale, évidemment fort compliqué comme tout ce qui est européen. » (d’après la revue de presse du nouvelobs.com du 20 octobre 2007).
[2] Lire à ce sujet, la rubrique qu’Attac consacre au nouveau traité et, en particulier, « Traité modificatif européen : une copie du TCE ».
[3] Citations extraites de la revue de presse du nouvelobs.com
[4] Comme on peut le vérifier, entre autres, en lisant notre livre Médias en campagne. Retours sur le référendum de 2005, que quelques internautes n’ont pas encore acheté (et qui est toujours en vente en ligne sur le site des Editions Syllepse).
[5] Et, conseiller du Parti Socialiste, Patrice Chabanet d’ajouter, pour le dissuader d’exiger un référendum : « Le PS pourrait être tenté de faire monter la pression pour exiger une consultation populaire. Une bataille sur les principes qui risque de s’avérer très vite improductive. Les socialistes, en effet, restent pour le moins divisés sur la question européenne. Exploitées par le chef de l’Etat, ces divisions feront plus mal dans la caisse de résonance d’un référendum que dans l’enceinte parlementaire. Entre deux maux, le PS toujours étourdi après son KO présidentiel, a intérêt à choisir le moindre. » (Extrait de la revue de presse du nouvelobs.com du 20 octobre 2007)
[6] Cité par la revue de presse du nouvelobs.com
[7] Quant au risque, réel ou supposé, d’ « éloigner davantage les peuples de l’Europe », c’est, sur une question démocratique de principe, un argument subalterne qui, dans le cas présent, ne sert qu’à conforter le rejet du recours au référendum et le soutien accordé ainsi à Nicolas Sarkozy.
[8] Cité par la revue de presse du nouvelobs.com
[9] Peu nombreux seront donc les commentateurs qui s’insurgent, comme le fait Jean - Paul Piérot dans L’Humanité, contre la « méthode » préconisée par les gouvernants. Gordon Brown, le successeur de Tony Blair, l’avait prescrite dès le mois d’août, en réaffirmant « son opposition à un référendum sur le projet du nouveau traité européen, en dépit de l’appel d’un important syndicat et d’une campagne en faveur de cette solution. "La façon la plus appropriée d’en discuter est un débat approfondi à la Chambre des communes et à la Chambre des Lords, et je pense que le Parlement adoptera la loi" (autorisant la ratification du traité, NDLR). » (le figaro.fr, 22.8.07 avec AFP). Et dans un bel ensemble la plupart des éditorialistes, en France, souscrivent au souhait formulé par Nicolas Sarkozy : « Je souhaite que cette ratification puisse avoir lieu dans les plus brefs délais possibles, c’est-à-dire au mois de décembre 2007 » (D’après,le nouvelobs.com, 19.10.07)
[10] Revue de presse nouvelobs.com du 20 octobre
17:00 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, mini-traité, presse, propagande
Lâcheté socialiste
Le PS ne s'opposera pas au mini-traité. C'est que laisse entendre le Nouvel Obs :Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a déclaré, samedi 27 octobre à son arrivée au Conseil national du parti, que les socialistes "ne s'opposeront pas" à la ratification du nouveau traité sur les institutions européennes."Il faut que l'Europe sorte de l'impasse. Il faut soit rechercher une attitude commune (du parti) sur la ratification, sinon (qu'il y ait) un vote majoritaire dans un délai très rapide". Le bureau N-national du PS doit se prononcer le 6 novembre.
Il est clair que le PS est prêt à faire table rase du vote populaire du 29 mai et à s'aligner sur la position de Sarkozy. En mars, il y a les élections municipales. Le peuple a une carte à jouer pour faire monter la pression sur les élus socialistes et UMP. Résistons !
15:15 Publié dans Constitution libérale européenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, mini-traité, socialiste
jeudi, 25 octobre 2007
Traité modificatif : les Attac d'Europe disent non
Les Attac d’Europe viennent d’adopter une déclaration commune sur ce nouveau traité européen, d’ores et déjà signée par Attac Allemagne, Attac Autriche, Attac Espagne, Attac France, Attac Hongrie, Attac Italie, Attac Pays-Bas, Attac Pologne, Attac Portugal. D’autres signatures suivront.
Traité modificatif : Les Attac d’Europe disent « non »
Le 11 mars 2007, les Attac d’Europe rendaient publics leurs « 10 principes pour un traité démocratique » devant contribuer à une refondation de l’Union européenne (UE). La lecture attentive du Traité modificatif adopté par les États membres de l’UE lors du Conseil européen des 18 et 19 octobre montre qu’il ne respecte aucun de ces dix principes. Bien plus, c’est une version déguisée du Traité constitutionnel européen (TCE) que les électeurs français et néerlandais avaient rejeté en 2005. Ce texte est inacceptable, tant dans sa méthode d’élaboration que dans son contenu.
1. Une méthode anti-démocratique :
les Attac d’Europe proposaient de lancer un processus démocratique pour l’élaboration et l’adoption de tout nouveau traité, notamment par la mise en place d’une assemblée élue par les citoyens, par la participation effective des parlements nationaux et par l’obligation d’une ratification par référendum dans chaque État membre. Elles souhaitaient aussi un traité court, se suffisant à lui-même et pouvant être compris de tous les citoyens. Au lieu de cela, nous avons une fois de plus un texte long et illisible, rédigé dans l’ombre, qui devrait être adopté par voie parlementaire dans la plupart des États membres, et ce le plus rapidement possible, empêchant ainsi tout débat public réel.
2. Un fonctionnement toujours verrouillé :
à l’exception de quelques retouches d’une portée modeste, le fonctionnement actuel, marqué par la confusion des pouvoirs, subsiste. Le Parlement européen reste exclu du champ des décisions concernant d’importants domaines de la vie communautaire, et surtout privé de toute initiative législative. Les parlements nationaux, quant à eux, même s’ils sont associés à un nombre limité de domaines, ne peuvent se prononcer sur le fond des projets de directives. La Commission, organe exécutif de l’Union, est dotée de pouvoirs législatifs et judiciaires, tandis que le Conseil reste un organe législatif, alors même qu’il est la réunion des exécutifs nationaux. Les lobbies continueront de jouer un rôle essentiel, et les membres de la Commission ne pourront être élus ou démis par les parlementaires. Le droit d’initiative citoyenne se résume à quelques bonnes intentions. Quant à la Banque centrale européenne (BCE), elle échappe à tout contrôle démocratique, et conserve comme seul objectif la stabilité des prix, promue au rang d’objectif de l’Union.
3. Aucune alternative au néolibéralisme :
la presse a fait grand cas de ce que la concurrence « libre et non faussée » ne figure plus au rang des objectifs de l’Union. Ce serait, nous dit-on, la preuve que le Traité constitutionnel a bel et bien été abandonné. Mais, au fil des articles, des protocoles et des déclarations, on s’aperçoit que cette concurrence demeure omniprésente, et qu’il est impossible d’échapper au modèle néolibéral. C’est la concurrence qui régit les services d’intérêt économique général (SIEG) et qui risque d’être étendue aux autres services publics. C’est elle encore qui sert d’excuse au refus d’une harmonisation sociale et fiscale par le haut. Le traité, tel qu’il se présente, rend impossible pour les États un autre choix que celui du libéralisme débridé.
4. Des droits fondamentaux toujours restreints :
la Charte des droits fondamentaux a certes une « valeur contraignante », mais ces droits sont en général de très faible portée et leur application est renvoyée aux « pratiques et législations nationales ». Ainsi la Charte ne crée aucun droit social européen, se contentant de vagues formulations qui n’engagent à rien. De plus, la Pologne et le Royaume-Uni ont obtenu d’être dispensés d’appliquer ces droits fondamentaux pourtant bien peu contraignants (protocole 7).
5. Un traité militariste et atlantiste :
la défense commune de l’Union n’est envisagée que dans le cadre de l’OTAN, et le militarisme est officiellement encouragé : « Les États membres s’engagent à améliorer progressivement leurs capacités militaires. » Au nom de la lutte contre le terrorisme, les interventions militaires à l’étranger sont même encouragées. Autant d’éléments qui figuraient déjà dans le TCE et qui on été repris mot pour mot dans le nouveau traité.
Ce traité modificatif est marqué de bout en bout par le néolibéralisme, tant dans les principes qu’il promeut que dans les politiques qu’il prône. Les rares points positifs ne remettent pas fondamentalement en cause le fonctionnement actuel de l’Union et son profond déficit démocratique. Voilà pourquoi les Attac d’Europe ne sauraient s’en accommoder. C’est aux peuples de décider de leur avenir, d’où la nécessité d’une ratification du traité par référendum dans chaque État européen.
Premiers signataires des Attac d’Europe : Attac Allemagne, Attac Autriche, Attac Danemark, Attac Espagne, Attac Finlande, Attac Flandres, Attac France, Attac Hongrie, Attac Italie, Attac Luxembourg, Attac Pays-Bas, Attac Pologne, Attac Portugal.
Lien vers les "10 principes pour un traité démocratique" :
http://www.france.attac.org/spip.php ?article6935
Contacts :
Attac France : Jean Tosti, (06 84 19 71 40), conseil d’administration ; Aurélie Trouvé (06 17 17 50 87), coprésidente ;
Attac Allemagne : Sven Giegold (+0049 1635957590), bureau.
le 19 octobre 2007
21:35 Publié dans Agir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, mini traité, attac
Nous voulons un référendum !
20:35 Publié dans Référendum | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, mini-traité
mardi, 23 octobre 2007
Mini Traité : Résistons !
19:05 Publié dans Sur le Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, mini traité, non
Non au traité simplifié européen
A lire, cette tribune de Georges Sarre parue dans le Monde. Ça change des vociférations anti-Chouard que l'on peut lire sur les blogs des valets de Bruxelles !
Sur le plan social, justement, la "concurrence libre et non faussée" est optiquement supprimée des objectifs de l’Union. Mais toutes les politiques qui y concourent sont reprises, et l’article I-3 du traité continue de s’appliquer, notamment son point g) : "L’action de la Communauté comporte un régime assurant que la concurrence n’est pas faussée dans le marché intérieur."
Il en va de même sur toute la partie III, qui, semble-t-il, est retirée du traité simplifié... Mais son contenu s’applique quand même, puisqu’il est déjà présent, pour l’essentiel, dans les traités précédents. Ainsi, nulle remise en question de la politique monétaire n’est à l’ordre du jour, malgré les rodomontades du candidat Sarkozy contre l’euro fort. Nulle discussion non plus de la politique commerciale ouvrant l’Europe à tous les vents de la mondialisation néolibérale, malgré les aveux récents du commissaire Mandelson lui-même !
Quant au principal instrument d’une Europe pragmatique, les coopérations renforcées, elles sont rendues plus difficiles, puisqu’il faudrait désormais rassembler neuf pays, contre huit auparavant. On pourrait ainsi multiplier les exemples démontrant que le traité simplifié est un copier-coller de la Constitution rejetée par les peuples français et néerlandais : ainsi le ministre des affaires étrangères est supprimé, mais le haut-représentant de l’Union pour la politique étrangère et de sécurité est investi des mêmes prérogatives.
Premier scandale : on soumet, à nouveau, à la ratification française, un texte qui, il y a moins de trois ans, a été rejeté par la France. Second scandale : on envisage de priver les citoyens de référendum, en comptant sur le cénacle fermé du Congrès réuni à Versailles pour contredire le verdict du seul souverain qui vaille : le peuple.
A défaut de pouvoir éviter le premier, il faut récuser farouchement ce second scandale. Et c’est pourquoi nous réclamons un référendum, que seule une mobilisation civique pourra imposer. Elle ne peut se fonder que sur une exigence démocratique réaffirmée, et sur une analyse lucide et critique du traité. Le Mouvement républicain et citoyen y contribuera dans les semaines à venir, avec tous ceux qui le veulent, notamment sur Internet (www.nonnonetnon.org).
Et si d’aventure le président de la République devait s’entêter à choisir la voie parlementaire, les députés et sénateurs de gauche, notamment socialistes, auraient, en votant non, l’occasion de réconcilier la gauche avec les principes républicains, et de combler le fossé qui sépare le peuple de ses représentants. Ce serait un signal fort qui ouvrirait l’avenir de la refondation de la gauche.
14:55 Publié dans Voix résistantes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, mini traité, non
lundi, 22 octobre 2007
Le traité européen «est un viol politique»
Ce n’est pas une version édulcorée, c’est la même version et je la combats violemment. On a retiré trois détails sans importance : le drapeau, l’hymne, la référence à la monnaie, le mot Constitution, comme si le fait de retirer l’étiquette retirait le danger. Et puis on nous impose par voie parlementaire ce qu’on vient de refuser par référendum. Pour moi, c’est un viol. Un viol politique, c’est une cause de guerre civile. Et les journalistes qui défendent cela sont subordonnés. Ils ne font pas leur boulot de journaliste.
Pour vous, un nouveau référendum est un minimum ?
Oui, ça me paraît évident, pour cinq raisons. Parce que sur le fond, tout ce qui est dangereux est là : la confusion des pouvoirs dans les mains de l’exécutif, avec les «procédures législatives spéciales» ou les «actes non législatifs». Le Parlement ne les contrôle pas et ce sont des normes obligatoires qui s’appliquent à tout le monde. C’est incroyable. Et cela peut concerner la concurrence, le marché intérieur, la circulation de capitaux, des choses très importantes, qui sont hors contrôle !
Deuxième point : la dépendance des juges européens vis-à-vis de l’exécutif pour leur carrière. Ils sont nommés pour six ans par les gouvernements, et renouvelables. Dans les démocraties, ça ne se fait pas comme ça. L’indépendance des magistrats est l’un des fondements de la démocratie.
Troisièmement : l’article 104 de Maastricht, c’est-à-dire l’interdiction pour les Etats de créer la monnaie. On est fou d’accepter ça. Les Etats l’ont accepté à Maastricht, c’est toujours là aujourd’hui. Maintenant, ils doivent s’endetter quand ils ont besoin d’argent et payer un intérêt aux banques. Mais on est fou ! C’est contraire à l’intérêt général. La souveraineté politique dépend de la souveraineté monétaire. Si vous l’abandonnée, vous avez tout perdu.
Autre point : la révision de la Constitution. Elle se fait sans les peuples.
Et enfin, dans cette Constitution, aucun organe n’est responsable de ses actes. A part la motion de censure, qui est théorique, parce qu’à la majorité des 2/3, il n’y a pas de mécanisme de responsabilité. Le Conseil des ministres, le Conseil européen, le Parlement ne peuvent être renversés ou dissous par personne. La Banque centrale n’a de compte à rendre à personne. Mais qui est responsable de ses actes là-dedans ?
21:30 Publié dans Constitution libérale européenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, mini traité


