lundi, 21 janvier 2008

Serbie : "Ce n'est pas une grosse perte que de couper les liens avec l'UE"

En tête de l'élection en Serbie, Tomislav Nikolic, président du Parti radical serbe (SRS), a dit clairement dans le Monde ce qu'il pensait de l'Europe qui est prête à accorder l'indépendance au Kosovo. « Ce n'est d'ailleurs pas une grosse perte que de couper les liens avec l'UE. Nous garantirons la sécurité des investissements déjà réalisés, nous lancerons des appels pour de nouveaux. Tout ce que nous perdrons, ce sont les fonds européens. Des fonds qui, de toute façon, servent aux infrastructures mais ne bénéficient pas à l'emploi. Et nous nous rapprocherons de tous les pays qui ne reconnaîtront pas l'indépendance du Kosovo.» Pour ce qui l'aurait oublié, l'arrivée de l'OTAN au Kosovo s'est soldé par l'exode de 250 000 serbes chassés par les extrémistes albanais ... 

samedi, 19 janvier 2008

Mobilisation contre la « directive de la honte » européenne

Article de Émilie Rive, paru dans l'Huma. Immigration . Demain, rassemblements et manifestations devant les centres de rétention. L’UE voudrait y maintenir les sans-papiers pendant dix-huit mois pour faciliter leur expulsion.

Demain, la journée européenne de mobilisation contre l’enfermement, contre les centres de rétention et les camps qui se multiplient aux frontières de l’Europe, revêt une importance particulière. Dans un contexte de durcissement systématique de contrôle des frontières, d’accords bilatéraux avec les pays de l’autre rive de la Méditerranée pour qu’ils jouent les États tampons, d’expulsions groupées et de rafles, le Parlement européen devrait se prononcer sur un projet de directive « relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ». Son vote avait été prévu en décembre. Reporté à janvier, il interviendrait maintenant en mai. Il sera d’autant plus important que, pour la première fois sur les questions d’immigration, la directive sera prise conjointement avec le Conseil des ministres et l’objectif est de proposer un texte qui pourra être adopté par les deux instances. Or, tout le monde sait que le penchant sécuritaire des ministres est encore plus marqué que celui des députés. Dans ces conditions, les reports successifs ne sont pas de bon augure, les négociations de couloir remplaçant toujours les débats démocratiques.

Une « harmonisation » européenne

L’idée de cette directive fait partie d’un ensemble concocté depuis 2005 qui vise à « harmoniser » les politiques européennes d’immigration. Une perspective redoutable quand on sait combien les responsables européens se sont engouffrés, ces dernières années, dans la répression de l’immigration illégale avec les croisements de fichiers, les données biométriques… Le texte voté par les députés de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, y compris les parlementaires socialistes, adoucit la première mouture de 2005 mais reste terriblement répressif, oublieux des droits de l’homme en Europe.

Deux propositions « pha- res » du texte s’alignent pres- que sur ce qui se fait de pire en Europe. La durée de rétention des étrangers sans titre de séjour pourrait aller jusqu’à dix-huit mois et serait appliquée aussi bien aux mineurs qu’aux demandeurs d’asile ou aux conjoints d’Européens et d’étrangers en situation régulière avec des titres de long séjour. Seuls, les malades devraient en être exemptés. Pourtant, même l’allongement de la rétention à trente-deux jours en France n’a pas prouvé son efficacité en ce domaine. Le délai nécessaire devrait, en fait, durer le temps d’examiner la situation de chacun et d’obtenir, si possible, un laissez-passer du pays d’origine ; et pour cela, il ne faut pas un an et demi. La deuxième mesure prévoit que tous ceux (sauf les mineurs isolés) qui feront l’objet d’une expulsion du territoire européen, à quelque titre que ce soit, se verront intimer une interdiction d’y revenir pendant cinq ans.

La rétention devient une règle

De plus, la présence des associations humanitaires ne serait plus obligatoire dans les centres d’enfermement. Cimade, Gisti, Migreurop, Association européenne pour la défense des droits de l’homme, RESF, SOS sans-papiers, les collectifs… dénoncent une directive inféodée à la politique de gestion des flux des migratoires. La rétention ne serait plus considérée comme le temps nécessaire à mettre en oeuvre l’expulsion, mais deviendrait la règle. Et rien ne dit que les pays qui ont des législations plus protectrices ne vont pas se précipiter dans la brèche que va leur offrir le Parlement européen. Cette politique d’enfermement se double, de plus, de l’externalisation des camps, hors de tout contrôle humanitaire, dans les pays « tiers ».

Nicolas Sarkozy a mis cette « harmonisation » dans ses priorités lors de la présidence française de l’Union européenne cet été.

 


vendredi, 18 janvier 2008

Nokia, Europa : deconnecting people

Bochum. Ouest de l'Allemagne. 2300 salariés vont être liquidés par le leader finlandais de la téléphonie mobile Nokia. Motif : "l'usine ne répond pas aux critères de compétitivité exigés par la firme. L'Allemagne est chère, les coûts de production et les coûts salariaux sont élevés et à long terme, nous ne pouvons pas continuer avec cette usine." Dixit les déclarations à l'agence de presse Reuters  porte-parole de Nokia. Nokia va donc aller produire au pays de la main d'œuvre moins chère, la Roumanie. Grâce à l'argent fourni à l'Europe par ses principaux bailleurs de fonds l'Allemagne et la France, la Roumanie a construit par le biais du programme Phare (l'un des programmes d'aide de préadhésion), a financé un parc industriel dans lequel plusieurs entreprises investissent à l'heure actuelle. Le libéral président de la commission europénene José-Manuel Barroso rassurant a indiqué "qu'aucun financement du Fonds européen de développement n'est impliqué dans cette délocalisation". Of Course José, l'Europe a déjà financé les installations permettant la délocalisation. Le plus lamentable est ce qui suit : "Mais il faut établir une distinction entre délocalisation à l'extérieur de l'Union européenne et délocalisation en Europe. Si les investissements vont de Finlande en Allemagne, ils peuvent également aller d'Allemagne en Roumanie, soyons honnêtes". De quoi rassurer les chômeurs allemands et français victimes des délocalisations qui n'ont qu'à attendre un investisseur roumain qui acceptera de les payer 8 fois le salaire d'un Roumain ... Vive l'Europe  sociale du mino traité de Lisbonne et vive la modification de la constitution que l'on va bientôt nous imposer ! Europa : deconnecting people !

mercredi, 16 janvier 2008

Trahison des députés "français" ...

Sans surprise, les députés se sont assis sur le vote démocratique des Français qui avaient dit non à la Constitution européenne et ont donné leur feu vert à la révision de la Constitution. La palme de la lacheté revient sans doute au PS : "Les députés socialistes voteront le traité. Mais pour marquer notre désaccord avec la procédure choisie par le président de la République, nous déposerons une motion référendaire et nous nous abstiendrons sur cette révision constitutionnelle", a espliqué  M. Ayrault,  le porte-parole du PS qui avait pourtant appelé la semaine dernière les parlementaires à boycotter la réunion du Congrès. Le Français sont donc trahis par la caste des privilégiés à laquelle appartiennent les parlementaires qui n'incarnent en rien la Nation au regard du mode de scrutin permettant leur désignation. Maintenant, il n'y a plus qu'à attendre l'indépendance de la Flandre qui rappellera à la machine à uniformiser que  "Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation ; nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément".  C'est sur cette extarit de la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 que "nos" députés se sont assis.

vendredi, 11 janvier 2008

Et pourtant les Européens veulent un référendum !

Cette dépêche AFP qui date d'octobre 2007 n'a pas fait grand bruit. Ça vous étonne ?

LONDRES (AFP) — Une large majorité des électeurs de cinq pays majeurs de l'Union européenne sont en faveur d'un référendum sur le nouveau traité européen, selon un sondage Harris publié jeudi par le quotidien économique Financial Times.

Cette enquête montre que 76% des Allemands, 75% des Britanniques, 72% des Italiens, 65% des Espagnols et 63% des Français souhaitent un référendum sur ce texte qui remplace la Constitution européenne enterrée après les "non" des Français et Néerlandais en 2005.

Un autre sondage, Yougov, publié jeudi par le Daily Telegraph établit que 69% des Britanniques espèrent une consultation populaire. En Grande-Bretagne, la presse de droite et l'opposition conservatrice, eurosceptiques, ont lancé une féroce campagne en faveur du référendum.

Ces enquêtes paraissent le jour même de l'ouverture à Lisbonne du sommet des dirigeants européens, qui doivent approuver le nouveau traité.

Des 27 pays de l'Union européenne, seule l'Irlande, qui y est tenue par sa constitution, a prévu d'organiser un référendum, dont le résultat n'est pas assuré. Selon le sondage pour le Financial Times, 38% des personnes interrogées considèrent que le traité aura un impact positif, contre 23% un impact négatif.

Les Britanniques sont les plus sceptiques - 51% anticipant des conséquences négatives, contre 17% positives - et les Italiens les plus optimistes (49% pour un impact positif, 13% négatif).

Mais 61% des personnes interrogées admettent "ne pas être du tout familières" avec le contenu du traité, 34% disant l'être "plus ou moins".

Au sommet européen de Bruxelles en juin, les pays membres avaient trouvé un accord sur la substance d'un traité remplaçant la Constitution.

Le traité devrait être signé formellement en décembre, ouvrant la porte à la ratification dans les Etats membres.

Harris a interrogé 5.604 personnes entre le 3 et le 15 octobre sur Internet, parmi lesquelles 1.126 Allemands, 1.138 Britanniques, 1.090 Espagnols, 1.128 Italiens et 1.122 Français. Yougov a interrogé 2.122 personnes entre le 12 et le 15 octobre.

 

Vive l'Europe des délocalisations

Les skis Salomon ne seront plus fabriqués en France mais en Bulgarie et en Autriche. 284 salariés vont se retrouver sur le carreau. Combien d'autres vont se retrouver dans la galère avec les délocalisations annoncées de Dassault et Airbus pour cause d'Euro sur évalué ? Mais soyons Européens, nous dit la blogosphère sous tutelle de Bruxelles.

mardi, 08 janvier 2008

Hypocrisie socialiste ...

Lu dans le Monde : « Nous voterons le traité simplifié européen parce que ses acquis sont supérieurs à ses insuffisances et parce qu'il est enfin une chance de sortir l'Union de sa paralysie politique", a déclaré, mardi 8 janvier, Jean-Marc Ayrault. Le président du groupe socialiste, radical et citoyen (SRC) de l'Assemblée nationale a cependant émis "une réserve" : "Il me paraît impossible que nous participions à la révision préalable de la Constitution dès lors que nous défendons la voie référendaire plutôt que la voie parlementaire. Nous n'irons pas à Versailles."» 

Aux municipales, il faudrait infliger une bonne claque au PS comme à l'UMP, qui sacrifie la France à Bruxelles avec un mépris incroyable  pour cette France qui a osé dire Non. 

dimanche, 06 janvier 2008

Géorgie : la magouille politique ne suscite pas l'indignation des "Européens"

Mikhaïl Saakachvili a été reconduit à la tête de la Géorgie en obtenant 52,8% des suffrages dès le premier tour de l'élection présidentielle anticipée de samedi, a annoncé la commission électorale. Cette élection bien loin d'être démocratique a été jugée comme telle par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) :  les 460 observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont "perçu l'élection comme l'expression valide du choix du peuple géorgien (...) du fait de la nette concurrence offerte pendant la campagne", selon Alcee Hastings, membre du Congrès américain et chef de la mission d'observateurs. Le régime du Saakachvili est soutenu par les Etats-Unis et Bruxelles qui n'ont pas bronché contre la répression menée recemment contre les opposants au pouvoir en place. Des violences contre des civils qui, bien entendu, n'ont pas donné lieu à une grande campagne médiatique d'indignation comme celle à laquelle nous avons eu droit lors des élections russes. Les petits Poutine soutenus par Bruxelles et les USA sont des démocrates, of course.

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