mardi, 24 juin 2008

Lettre aux dirigeants européens

Tribune paru dans l’Humanité des débats. Par Susan George, présidente d’honneur d’ATTAC France, Jean-Marie Harribey et Aurélie Trouvé, coprésidents d’ATTAC France, Michael Youlton, coordinateur de la campagne pour le « non » en Irlande.

En 2005, les citoyens de deux États membres de l’Union européenne, les Français et les Néerlandais, ont dit « non » à votre projet de constitution. Le 12 juin 2008, les citoyens de la République d’Irlande, seuls à avoir le droit de vote, ont refusé le traité de Lisbonne, copie conforme de la défunte constitution, mais avec des « changements cosmétiques » pour qu’il soit « plus facile à avaler », selon Valéry Giscard d’Estaing. La première fois, le vice-président de la Commission, Günter Verheugen, a appelé à ne pas céder au chantage. La deuxième, le président, José Manuel Barroso, sommait les États membres de « continuer le processus de ratification ». Bref, vous vous moquez éperdument de la démocratie. Vous préférez bafouer vos propres règles plutôt que d’admettre que des peuples vous contredisent.

Il n’y a pire sourd que celui qui ne veut entendre. Vous avez une bouche pour nous dicter votre volonté mais pas d’oreilles pour écouter les doléances et les exigences des citoyens qui demandent une Europe démocratique chaque fois qu’on leur en donne l’occasion. Vous craignez l’expression populaire, à juste titre, car elle vous désavoue. Notre président de la République française en a conscience. Devant quelques députés européens, il avouait : « En votant « non », la France était seulement en avance sur d’autres pays… Il se passerait la même chose dans tous les États membres s’ils avaient un référendum. Il y a clivage entre les peuples et les gouvernements » (rapporté par le Daily Telegraph le 15 novembre 2007 et jamais démenti).

Vous méprisez le peuple souverain et le suffrage universel. Chez nous, en France, les députés sociaux libéraux, unis à ceux de la majorité, se sont substitués au premier pour confisquer le second, pour empêcher que nous ayons voix au chapitre. Mais aujourd’hui, devant le vote irlandais, nous vous reposons la question : Que faut-il pour attirer votre attention ? Que le repli sur soi, le nationalisme et peut-être la violence l’emportent sur tout projet d’Europe politique ? Nous ne l’acceptons pas, car nous aimons justement la démocratie et les traditions issues des Lumières. À ce propos, il nous vient en mémoire un texte que vous avez consigné com- me bien d’autres aux oubliettes : « La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. » L’article XV de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ne vous embarrasse pas, vous savez depuis longtemps le contourner. Au sujet de l’Europe, la société n’a le droit ni de vous interpeler ni, à plus forte raison, de vous demander des comptes.

Nous continuerons toutefois de crier vers les sourds que vous êtes : cessez d’éteindre les Lumières. Car ce faisant, vous creusez chaque jour davantage le fossé qui vous sépare des peuples et vous allez couler l’Europe. La démocratie est sa plus belle idée, sa plus précieuse conquête, celle qui a été le fondement de ses réussites, de son rayonnement et de sa richesse matérielle et culturelle. Chaque fois qu’elle a été abandonnée, cela a été pour s’enfoncer dans la catastrophe.

Nous n’admettrons pas que vous définissiez seuls, à l’abri de la volonté populaire, votre Europe, car elle est aussi la nôtre. Elle ne sera pas ce paradis des entreprises transnationales industrielles, militaires et financières que vous construisez sans égard pour les droits des salariés et citoyens européens et du monde, ni un espace militarisé sous le commandement de l’OTAN ; elle doit avoir les meilleurs services publics du monde, les meilleures politiques d’éducation, de santé et de plein-emploi.

Nous vous disons calmement mais fermement que nous appelons les peuples d’Europe à jouer dès maintenant un rôle de premier plan pour décider de leur avenir commun. Il ne s’agit plus d’une question qui concerne la seule Irlande, mais tous les peuples d’Europe. Nous ne tolérerons pas une situation où, petit à petit, l’on se demanderait comment obliger l’Irlande à « voter correctement », alors que le traité de Lisbonne représentait un déni de démocratie pour l’écrasante majorité de la population européenne.

Nous sommes des Européens convaincus. Nous croyons que l’Europe peut être une chance, une espérance pour l’humanité, mais seulement si elle se montre enfin capable de bâtir un espace politique dont les règles en font un modèle pacifique, social, écologique et démocratique. Cet idéal est très largement partagé. Nous vous demandons de vous montrer enfin dignes de vos peuples.

Article original sur le site humanite.fr

samedi, 21 juin 2008

La directive de la honte adoptée ...

Via le site de l'Humanité. Le Parlement européen a adopté mercredi le projet de directive sur l’expulsion des étrangers en situation irrégulière qui fixe à 18 mois la durée maximale de leur placement en rétention et prévoit à leur encontre une interdiction de séjour de cinq ans dans l’UE.

Cette "directive retour", qui a fait l’objet d’un accord de compromis entre les 27 et avec le Parlement européen, est fortement contestée à gauche et par des associations de défense des travailleurs immigrés qui l’ont qualifiée de "directive de la honte". Ce texte a même suscité des réactions dans les pays du Sud, avec notamment un appel solennel lancé par le président Bolivien Evo Morales.

Une majorité de parlementaires européens sont restés sourds à ces interpellations. La directive a été adoptée par 367 voix contre 206 et 109 abstentions.

Ce texte vise à imposer un socle juridique commun aux 27 Etats membres de l’UE.

Le placement en rétention d’un étranger en instance d’expulsion devra dans tous les cas être ordonné ou contrôlé par une autorité judiciaire.

La durée de cette rétention sera de six mois maximum et pourra être prolongée de douze mois, soit 18 au total (la norme allemande) si le retour est compliqué par un manque de coopération de l’intéressé ou de son pays d’origine.

Cette durée est actuellement inférieure à 18 mois dans seize pays dont la France (32 jours). Ces États pourront conserver leur législation et le ministre français de l’Immigration, Brice Hortefeux, a annoncé que la France ne modifierait pas la sienne.

L’Irlande, le Royaume-Uni et le Danemark, trois pays qui ne participent pas à l’espace Schengen, ne seront pas liés par le texte.

Les Français auraient aussi dit NON !

Selon un sondage Ifop, 53 % des Français auraient voté contre le texte si un référendum avait eu lieu en France. Le traité dont l'avenir est compromis après le "non" irlandais a déjà été ratifié dans l'hexagone... par les parlementaires. A lire sur le nouvelobs.com.

mercredi, 18 juin 2008

A l'insu des peuples

A lire sur le monde.fr : Etienne Chouard : "L'Union européenne est faite à l'insu des peuples".Extrait : L'impasse dans laquelle se trouve actuellement l'Union européenne rappelle la situation où elle se trouvait en 2005 après le rejet français. Et si rien n'a évolué, si aucun "plan B" ne fait l'unanimité, la victoire du "non" a-t-elle été inutile ? M. Chouard refuse cette idée et n'hésite pas à parler de "viol", "quand on ne veut pas quelque chose mais qu'on nous l'impose quand même, c'est bien comme ça que cela s'appelle". 

mardi, 17 juin 2008

Le grand mépris

Le gouvernement français est réactionnaire à l'intérieur comme à l'extérieur. Déclaration du  secrétaire d'Etat aux affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet devant le Sénat. L'Europe "ne s'est pas arrêtée" avec le rejet par les Irlandais du traité de Lisbonne. "Ce qui est sûr, c'est que nous n'allons pas nous engager dans la rédaction d'un traité nouveau. Aucun membre ne le demande". Joyet doit aussi être convaincu que tous les français qui ont voté non sont heureux d'avoir vu les parlementaires entériner le mini TCE imposé par Sarkozy 1er. Au regard de l'autisme  de notre classe politique, on se prend à rêver non pas d'un nouveau 68 mais d'un nouveau 1789 !

dimanche, 15 juin 2008

Après le Non, à lire ...

L'Humanité consacre un dossier au vote Irlandais :  Irlande : 53,4% "en notre non".

Rue89 a fait une synthèse intéressante des commentaires de ces lecteurs : Europe: vos dix raisons de ne pas l'aimer.

Sur Libé, si vous êtes un peu masochiste, en parcourant  le blog de Jean Quatremer vous en saurez plus sur la manière dont est perçu le Non dans les coulisses de Bruxelles. Attention, ici pas question d'afficher votre Non ! Vous êtes en terre 100 % étoilée !

samedi, 14 juin 2008

Angleterre : la presse demande à Gordon Brown de stopper la ratification

Via l'AFP. La presse anglaise estime samedi que le Premier ministre britannique, Gordon Brown, doit stopper le processus de ratification par Londres du traité sur les institutions de l'Union européenne (UE), après le rejet du texte lors du referendum en Irlande vendredi.

Le quotidien populaire The Sun, qui avait fait campagne pour l'organisation d'un referendum au Royaume-Uni sur ce traité de Lisbonne, estime que le non irlandais est "une occasion tombée du ciel" pour Gordon Brown, afin qu'il démontre son engagement pour la démocratie, au moment où il est justement sous pression.

The Times, appartenant, comme The Sun, au groupe du magnat Rupert Murdoch, estime que le Premier ministre devrait "y penser à deux fois" avant de continuer à soutenir le traité.

Le journal conservateur Daily Mail considère que le rejet irlandais du traité de l'UE, offre à M. Brown une occasion pour laisser le pays s'exprimer. "En utilisant le vote irlandais, il pourrait justifier son changement d'avis, offrir aux Britanniques un referendum et faire beaucoup pour restaurer sa popularité", écrit-il.

Considéré proche des Travaillistes et de la gauche, le quotidien The Guardian, tout comme d'ailleurs The Daily Telegraph de centre-droit, estiment que Gordon Brown pourrait jouer un coup, en abandonnant la procédure de ratification du traité de l'UE au Parlement britannique.

Ainsi, selon le Daily Telegraph, Gordon Brown "devrait retirer la procédure de ratification et profiter du prochain sommet de Bruxelles pour persuader l'UE de commencer à travailler à une nouvelle répartition donnant plus de pouvoirs aux nations et aux peuples".

Angleterre : la presse demande à Gordon Brown de stopper la ratification

Via l'AFP. La presse anglaise estime samedi que le Premier ministre britannique, Gordon Brown, doit stopper le processus de ratification par Londres du traité sur les institutions de l'Union européenne (UE), après le rejet du texte lors du referendum en Irlande vendredi.

Le quotidien populaire The Sun, qui avait fait campagne pour l'organisation d'un referendum au Royaume-Uni sur ce traité de Lisbonne, estime que le non irlandais est "une occasion tombée du ciel" pour Gordon Brown, afin qu'il démontre son engagement pour la démocratie, au moment où il est justement sous pression.

The Times, appartenant, comme The Sun, au groupe du magnat Rupert Murdoch, estime que le Premier ministre devrait "y penser à deux fois" avant de continuer à soutenir le traité.

Le journal conservateur Daily Mail considère que le rejet irlandais du traité de l'UE, offre à M. Brown une occasion pour laisser le pays s'exprimer. "En utilisant le vote irlandais, il pourrait justifier son changement d'avis, offrir aux Britanniques un referendum et faire beaucoup pour restaurer sa popularité", écrit-il.

Considéré proche des Travaillistes et de la gauche, le quotidien The Guardian, tout comme d'ailleurs The Daily Telegraph de centre-droit, estiment que Gordon Brown pourrait jouer un coup, en abandonnant la procédure de ratification du traité de l'UE au Parlement britannique.

Ainsi, selon le Daily Telegraph, Gordon Brown "devrait retirer la procédure de ratification et profiter du prochain sommet de Bruxelles pour persuader l'UE de commencer à travailler à une nouvelle répartition donnant plus de pouvoirs aux nations et aux peuples".

vendredi, 13 juin 2008

Vive le Trèfle

f006117e993a5f1a83533bfa44773012.gif
En ce vendredi 13, le trèfle irlandais a porté chance à ceux qui rêvent d'une autre Europe !

La commission autiste ...

Les Irlandais ont dit Non et tout continu comme avant, avec le même mépris. "la Commission européenne pense que les ratifications qui restent à faire devraient continuer à suivre leur cours", a-t-il ajouté. Déclaration du président de la Commission européenne José Manuel Barroso : "la Commission européenne pense que les ratifications qui restent à faire devraient continuer à suivre leur cours", (...) "Nous devons continuer afin d'avoir une image d'ensemble de (l'opinion de) tous les Etats membres". Comme les électeurs des Etats membres sont privés de voix, l'opinion ne pourra être que favorable, la mascarade continuera et les Irlandais seront invités à revoter. Combien de temps encore les peuples supportiront t-ils le despotisme de la Commission ?

Toutes les notes