vendredi, 24 octobre 2008

La Voix de la France dans le Monde

Tribune de Jean-Pierre Chevènement parue dans Le Monde, édition du 23 octobre 2008. Le séisme financier actuel a rétabli des évidences : l'Europe est une union d'Etats et le France peut et doit y jouer tout son rôle.


Le président de la République, dans son discours de Toulon, n'a pas sous-estimé la gravité de la crise. Mais il l'a réduite à la logique du capitalisme financier. Certes, il a eu raison de flétrir les excès de la titrisation qui a déresponsabilisé les banques, mais il n'a pas dit qui a encouragé cette "titrisation". Il a surtout fait l'impasse sur la dimension géopolitique de la crise.

Qui en effet a encouragé la fuite en avant dans l'endettement des ménages et des banques, et la dilution des risques dans une "titrisation" opaque ? Qui, sinon l'administration Bush et ce demi-dieu, Alan Greenspan, hier encensé, et jeté aujourd'hui à bas de son piédestal ? Il fallait bien sortir de la crise née de l'éclatement de la bulle technologique et financer la guerre d'Irak !

C'est cette fuite en avant qui a contaminé l'ensemble de l'économie mondiale. Mais le mal vient de plus loin encore : ce sont les Etats-Unis qui, depuis plus de trente ans, ont impulsé la globalisation financière et les dérégulations, flottement des monnaies, libéralisation absolue des mouvements de capitaux, cycle des privatisations, fin de toutes les protections à travers le GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) devenu Organisation mondiale du commerce (OMC), mise en concurrence des territoires et des mains-d'oeuvre avec son cortège de délocalisations. Il faut rappeler qu'ils furent suivis par l'Europe, qui fit du dogme libéral son credo, à travers l'acte unique, le traité de Maastricht et le projet de Constitution européenne repris par le traité de Lisbonne.


Les Etats-Unis, grâce à la globalisation et au privilège du dollar, ont pris l'habitude de vivre très au-dessus de leurs moyens : leur endettement total - tous agents confondus - atteint 316 % de leur PIB ! L'économie la plus riche du monde capte 80 % de l'épargne mondiale, signe sûr que le monde marche sur la tête ! Enfin, le déficit de leur balance commerciale dépasse 700 milliards de dollars (530,7 milliards d'euros), soit plus de 5 % de leur PIB.

Mais ce système est fragile car le sort du dollar est entre les mains du Japon, de la Chine et des pays du Golfe. La bonne tenue du dollar depuis l'accélération de la crise ne tient qu'à la puissance politique et militaire des Etats-Unis. Mais leur enlisement au Moyen-Orient montre que ceux-ci ont atteint ce que l'historien Paul Kennedy décrivait déjà en 1987 comme le point de "surextension impériale", celui au-delà duquel un empire ne peut plus soutenir sa domination et se trouve donc obligé de réviser à la baisse ses ambitions.

Certes, les Etats-Unis sont et resteront au XXIe siècle une très grande nation, mais ils devront composer avec "le reste du monde", avec les pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, Iran), mais aussi avec le retour de la Russie et même avec leurs alliés traditionnels : Europe et Japon, qui, dans un monde multipolaire, voudront compter parmi les "pôles".

Et voilà pourquoi la crise sera longue, à la mesure des profonds déséquilibres économiques et géopolitiques qui se sont creusés depuis que Francis Fukuyama, en 1992, au lendemain de la chute de l'URSS, avait imprudemment proclamé la fin de l'Histoire et le triomphe définitif du libéralisme. Il faudra du temps en effet pour que les ménages américains se remettent à épargner et revoient leur mode de vie et pour que les Etats-Unis rétablissent leurs comptes extérieurs et délaissent le rêve d'un empire universel dont ils n'ont plus les moyens.

Bien sûr, ils peuvent être tentés de maintenir leurs avantages en recourant à la guerre, avec l'Iran par exemple ou bien avec la Russie dans le Caucase, par Européens interposés, de préférence, ou bien encore - pourquoi pas ? - avec la Chine dans le détroit de Formose ou en Corée. Tel n'est pas, heureusement, l'état d'esprit d'un Barack Obama, même si certains de ses objectifs de politique extérieure (Iran, Afghanistan, extension de l'OTAN à l'Ukraine et à la Géorgie) ne diffèrent pas fondamentalement de ceux de John McCain. Aucun des deux candidats ne semble avoir pris conscience de la situation économique réelle de l'Amérique.

Une récession économique assez longue se profile donc, faute d'une coordination des politiques économiques entre les principaux pôles de l'économie mondiale. Il faudrait en effet stimuler la demande dans les pays excédentaires (Allemagne, Japon, Chine) pour aider les Etats-Unis à rétablir leur équilibre commercial et à retrouver un taux d'épargne normal, autrement qu'à travers la récession. Nicolas Sarkozy a évoqué un nouveau Bretton Woods. L'expression est forte, mais nous sommes loin de pouvoir retrouver rapidement un système de parités ordonnées : il faut d'abord remédier aux déséquilibres fondamentaux de l'économie mondiale.

Pour que les grands pays européens puissent faire entendre leur voix dans la redistribution du pouvoir, à l'échelle mondiale, qui se profile, il serait temps de regarder les réalités en face. La crise a frappé de désuétude les principes qui ont gouverné la construction européenne : concurrence libre et non faussée sous la haute surveillance d'une Commission européenne omnipotente, prohibition des aides d'Etat, critères dépassés de plafonnement des déficits et de la dette publique, irresponsabilité de la Banque centrale européenne (BCE). On mesure ainsi à quel point le traité de Lisbonne correspondait peu aux nécessités d'une construction européenne réaliste.

En quelques jours, la réalité de l'Union européenne s'est révélée : c'est une union d'Etats et non pas une construction "communautaire" et encore moins fédérale. Ce sont les quatre plus grands Etats réunis d'urgence au sein d'un "G4" qui ont décidé, le 4 octobre, une simple coordination de mesures nationales, sous le régime de l'urgence, c'est-à-dire en dehors des règles posées par les traités, et cela sous l'impulsion d'Angela Merkel.

L'Eurogroupe à quinze, avec le concours de Gordon Brown, a assuré la mise en musique. Ainsi a éclaté la puissance du fait national : seuls les Etats en temps de crise ont en effet la légitimité démocratique pour imposer des plans d'urgence. La Commission européenne a été mise devant le fait accompli, et la BCE a été contrainte d'accepter dans l'urgence une baisse de ses taux d'intérêt que M. Trichet refusait encore quelques jours auparavant. Fallait-il que soufflât fort le vent venu d'Amérique !

Mais mieux vaut l'Europe des Etats que pas d'Europe du tout ! L'Allemagne ne veut pas d'un gouvernement économique de la zone euro. J'entends certains réclamer un "emprunt européen" que Jacques Delors évoquait déjà en 1994 au sommet d'Essen et que les traités actuels ne permettent toujours pas.

Ainsi les faits ont tranché : armés d'un solide euroréalisme, allons à la rencontre d'un avenir que chacun pressent difficile, en nous appuyant sur les nations, là où vit la démocratie, avec une idée simple : "Autant d'Europe que possible, mais autant de France que nécessaire !" Loin de toute inféodation, la France peut et doit faire entendre une voix claire, à la rencontre du monde nouveau qui vient.
Jean-Pierre Chevènement est sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre.

jeudi, 24 avril 2008

Encore privé de référendum ...

La réforme de la constitution que veut faire passer Sarko prévoit que les Français ne soient pas obligatoirement consultés par référendum pour l'élargissement de l'Europe ... Un bon moyen pour éviter "un couac" sur la question turque. Nouveau revirement de Sarko la girouette qui déclarait pendant la campagne :

 

 

mardi, 08 janvier 2008

Hypocrisie socialiste ...

Lu dans le Monde : « Nous voterons le traité simplifié européen parce que ses acquis sont supérieurs à ses insuffisances et parce qu'il est enfin une chance de sortir l'Union de sa paralysie politique", a déclaré, mardi 8 janvier, Jean-Marc Ayrault. Le président du groupe socialiste, radical et citoyen (SRC) de l'Assemblée nationale a cependant émis "une réserve" : "Il me paraît impossible que nous participions à la révision préalable de la Constitution dès lors que nous défendons la voie référendaire plutôt que la voie parlementaire. Nous n'irons pas à Versailles."» 

Aux municipales, il faudrait infliger une bonne claque au PS comme à l'UMP, qui sacrifie la France à Bruxelles avec un mépris incroyable  pour cette France qui a osé dire Non. 

mercredi, 03 octobre 2007

Les parlementaires garderont leurs régimes spéciaux !

92a44986f183911103bcc6af73fc727e.jpgLors de sa remise au pas des parlementaires UMP, Sarkozy 1er a annoncé que dans le cadre de la remise à plat  des régimes spéciaux et de la modernisation de la fonction publique, il refusait des réformes qui "brutalisent, qui humilient". Dans le cadre de la refonte des régimes spéciaux, les parlementaires ne seront pas humiliés ! Et pour cause. Comme l'explique rue89.com : les députés et les sénateurs ne seront pas concernés par la réfome des régimes spéciaux ... comme les mineurs ou les marins pêcheurs. Extrait de l'article.

« Les députés et les sénateurs, eux, n'ont pas trop de souci à se faire. Bénéficiaires d'un régime de retraites extrêmement avantageux où une année cotisée égale deux années du régime normal, ils ont droit à des retraites tout à fait confortables: 1500 euros pour un mandat, 3000 euros pour deux mandats.»

 Tout aussi intéressant, le commentaire d'un internaute, faisant suite au papier ,qui fait un inventaire des avantages de nos « représentants nationaux». Franchement, cheminots, gaziers et fonctionnaires vous êtes des petits joueurs ! 

samedi, 30 juin 2007

Traité simplifié : des concessions sans contre-partie

Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a estimé  que "la France a fait toutes les concessions sans contre-partie", en commentant l'accord à Bruxelles des 27 sur un projet de traité simplifié.

"Les 55% de Français qui ont voté non (en mai 2005 au référendum sur le projet de constitution européenne) n'ont obtenu que des satisfactions cosmétiques", a jugé M. Chevènement dans une déclaration à l'AFP.

Pour lui, "le principe de libre concurrence reste au coeur de la philosophie des traités européens tels que les interprètent la Commission européenne et la Cour de justice".

Il a relevé aussi que "le ministre des Affaires étrangères européen s'appellera certes Haut Représentant de l'Union européenne mais il garde toutes ses prérogatives notamment la présidence du conseil des ministres des Affaires étrangères".

"Dans l'Union à 27 où il n'y a pas de majorité pour une politique étrangère européenne indépendante, il sera l'instrument de l'alignement sur la diplomatie américaine", a-t-il ajouté.

Il a estimé qu'au sommet de Bruxelles le président Nicolas Sarkozy s'était "rendu aux exigences d'Angela Merkel (chancelière allemande) de préserver la 'substance' de la constitution européenne". "La modeste exigence de la France visant à faire 'd'une croissance non inflationniste' l'objectif de la BCE a été rejetée", a-t-il poursuivi.

Pour M. Chevènement l'accord de Bruxelles "présenté comme un succès inespéré de Nicolas Sarkozy sortant l'Europe d'une paralysie imaginaire est un pur succès de communication célébré par les bien pensants, où la France a fait toutes les concessions sans contrepartie".

samedi, 24 mars 2007

Sarkozy et l'Europe : une politique de Gribouille

Une note intéressante de Jean-Pierre Chevénement vu sur son blog. Le cinquantenaire du traité de Rome va, sans nul doute, être l'occasion de faire tonner les grandes orgues de la bienpensance « européiste » : j'appelle ainsi l'idéologie de ceux qui, au nom de l'idée européenne, ont en réalité mis bas tout ce qui pouvait permettre l'émergence d'un acteur européen stratégique pour le XXIe siècle :


  • suppression de fait du tarif extérieur commun ;
  • politique commerciale ultra libre-échangiste du Commissaire Mandelson qui est prêt à sacrifier notre agriculture à l'OMC ;
  • paralysie organisée de la politique monétaire qui fait de l'euro une monnaie surévaluée d'au moins 30 à 40 % par rapport au dollar, au yuan et au yen ;
  • inféodation à l'OTAN et acceptation unilatérale par la Pologne et la Tchéquie du bouclier spatial américain.

    A cet égard, M. Sarkozy fait une proposition très inquiétante : il veut reprendre dans un traité soumis au seul Parlement « le paquet institutionnel qui n'est contesté par personne ».

    Or, la création d'un « ministère européen des Affaires Etrangères » ne saurait, en l'état actuel des rapports de forces entre les vingt-sept, qu'enchaîner un peu plus la politique extérieure de l'Europe en gestation à la diplomatie de Washington. Cette proposition doit être rejetée. Elle est de plus inepte : si la France veut revoir les dispositions du traité intéressant la politique monétaire, économique et sociale, et notamment les statuts de la Banque Centrale européenne, il est totalement contreproductif de gaspiller par avance ses munitions en accordant d'emblée à l'Allemagne tout ce qu'elle souhaite, c'est-à-dire « la substance » de la Constitution, sans faire de la partie institutionnelle une monnaie d'échange avec la partie économique et sociale du traité. Politique de Gribouille. Seul un nouveau référendum peut nous préserver de ce type de dérive.

mardi, 13 février 2007

Et Bayrou veut faire revoter les Français !

Bayrou essaye de ratisser à gauche. Son handicap ? La casserole européenne ! Le candidat vient de sortir du bois en prononçant à Strasbourg un discours en faveur d'un nouveau traité européen. Bien entendu, Bayrou ne veut pas passer pour un méchant. Pas question de ne pas consulter le peuple sur cette question. Le nouveau référendum pourrait, selon lui, se tenir en 2009, au moment des élections européennes, après une phase de clarification, suivie d'une conférence intergouvernementale chargée d'arrêter les termes du nouveau traité. La date n'est pas choisie par hasard. Comme les élections européennes ne passionnent que les seules Ouiouistes, le traité pourrait ainsi être adopté facilement. En somme, Bayrou nous propose un bel hold-up électoral. Tout cela doit mettre les électeurs de gauche tentés par un votre Bayrou sur leurs gardes. Tout comme le fait qu'il a été rejoint dans sa campagne par les illuminés du Parti fédéraliste qui rêvent de dissoudre la République en landers !

dimanche, 21 janvier 2007

Quand les socialistes rêvent ... d'un nouveau référendum !

Lu dans l'Hum, cet excellent papier de Rosa Moussaoui : "Multiples tentatives de recycler le traité".

D’un côté, un électorat de gauche qui s’est massivement porté sur le « non » à la constitution européenne. De l’autre, une candidate socialiste qui avait défendu avec ferveur le « oui » en 2005. Après avoir paru un temps dépasser ce clivage en ralliant à elle des partisans du « non » à la faveur d’un flou savamment entretenu, Ségolène Royal a reposé mercredi la difficile équation européenne qu’elle prétend résoudre. « Je souhaite que le peuple français soit à nouveau saisi d’un référendum en 2009 », a-t-elle déclaré à la sortie d’un entretien avec le premier ministre luxembourgeois de centre-droit, Jean-Claude Juncker. La date idéale, aux yeux de la candidate socialiste, pour ce nouveau référendum : juin 2009, en même temps que les élections européennes. En avançant l’idée d’une consultation populaire, Ségolène Royal cherche à se distinguer du candidat de l’UMP, qui plaide pour un « mini-traité » centré sur les questions institutionnelles et soumis à la ratification du Parlement. Problème : l’ambiguïté reste entière, dans les déclarations de celle qui jugeait encore il y a quelques semaines la constitution européenne « caduque », sur le contenu du texte qui serait ainsi remis sur la table. « Il faut un traité qui permette aux institutions de fonctionner », a-t-elle simplement avancé, jugeant indispensable que « des solutions soient trouvées » au premier semestre 2008, alors que la France assurera la présidence tournante de l’UE.

Une renégociation

pourtant prévue dans le projet du Ps

Sur la même longueur d’onde que le Parti socialiste européen, qui souhaite que la « substance » du traité constitutionnel soit sauvegardée et que le « oui » des pays qui l’ont ratifié soit respecté, la candidate socialiste a ajouté qu’elle ne souhaitait pas voir les Français « pénaliser les pays européens qui se sont prononcés ». Une précision qui ne devrait pas manquer de nourrir l’inquiétude de ceux qui refusent l’opération de résurrection initiée par Bruxelles au lendemain des « non » français et néerlandais. Consciente de s’engager sur un terrain miné, Ségolène Royal a d’ailleurs pris soin d’avancer la vaporeuse perspective d’un « volet social » pour que « les droits des travailleurs soient pris en considération ». Elle a également réitéré ses critiques à l’endroit de la Banque centrale européenne, suggérant d’intégrer la croissance et l’emploi, et non plus seulement la stabilité des prix, dans ses objectifs. Mais sans remettre en question l’indépendance de l’institution, qui fait aujourd’hui seule la pluie et le beau temps en matière de politique monétaire. En définitive, la candidate socialiste s’est gardée de proposer une refonte ou une renégociation de la constitution européenne à laquelle les électeurs Français ont opposé un « non » sans appel, à 54 %. La perspective d’une telle renégociation est pourtant inscrite dans le projet du Parti socialiste, qui exclut « une ratification du traité constitutionnel européen tel qu’il a été rejeté le 29 mai, même s’il est accompagné d’un nouveau préambule ».

Merkel chargée

de sortir l’UE

« de l’impasse »

Cette inflexion européenne de la candidate socialiste n’intervient pas par hasard. La veille, s’exprimant devant les eurodéputés, la chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays assure depuis le 1er janvier la présidence tournante de l’Union, a mis en garde contre « l’échec historique » que constituerait selon elle l’incapacité des vingt-sept à se doter d’une constitution d’ici 2009. « Avec les règles actuelles, nous savons que l’UE (...) n’a pas la possibilité de prendre les décisions nécessaires », a prévenu la dirigeante conservatrice, chargée, d’ici juin, d’établir une « feuille de route » pour « sortir de l’impasse ». Le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, a lui aussi appelé à « dissiper les doutes des citoyens », jugeant que « Nice », le traité qui régit actuellement le fonctionnement de l’Union, « n’est pas suffisant ». Parallèlement, les ministres espagnol et luxembourgeois des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos et Jean Asselborn, dont les pays sont les deux seuls à avoir ratifié la constitution par référendum, ont clairement plaidé pour une relance de celle-ci dans une tribune publiée mardi par le quotidien britannique The Independant. « Le traité constitutionnel est sans l’ombre d’un doute le meilleur outil dans notre musette. S’il n’existait pas déjà, il faudrait l’inventer », ont-ils fait valoir à dix jours d’une réunion à Madrid des représentants des 18 pays qui ont ratifié le texte.

Ce tir de barrage, parfaitement orchestré, laisse augurer de la teneur du processus de « relance » que l’Allemagne est chargée de définir, et que la France est censée conduire à son terme à la mi-2008. Un calendrier qui fait dire aux partisans d’une exhumation de la constitution européenne que rien n’est possible avant les élections présidentielle et législatives françaises. Leur voeu le plus cher : que ces scrutins ne réaniment pas le débat de fond sur les conséquences des orientations libérales de l’Europe, qui avait secoué l’Hexagone de fond en comble au printemps 2005.

Rosa Moussaoui

 

 

mercredi, 25 janvier 2006

L'Europe libérale s'invite à l'Assemblée nationale

Le très libéral président de la Commission européenne, Barroso est venue faire son euroshow à l'Assemblée nationale. Extase dans les rangs de la droite d'entendre le chantre de la libéralisation lancer aux communistes une tyrade éculée : "Ce n'est pas avec un discours contre les entreprises que vous allez créer plus d'emploi et de croissance". Non, sieur Barroso, la croissance on va certainement la retrouver en encourageant les délocalisations à l'Est grâce au dumping social. N'ayant pas eu de mal à se mettre les "Populaires" dans la poche, le "Président" a fait un appel du pied aux sociaux libéraux en invitant "à retrouver le souffle et la vision de Jacques Delors".

De cette mascarade, les grands oubliés auront été les 15 millions de français qui ont dit non le 29 mai et qui peuvent s'attendre à un forcing euro-constitutionnel, une fois la présidentielle de 2007 passée. Ce qui nous pend au nez ? C'est qu'une nouvelle mouture de la Constitution soit purement et simplement adoptée par les députés, sans consultation populaire. Sarko y pense déjà et si c'est un candidat de la gauche ouiouiste qui est élu, le scénario risque d'être identique.

Le show Barroso en tout cas a réjoui les journalistes euro-béats, comme en atteste les papiers diffusés sur Blogspirit. Le journalisme de terrain ouvert sur les réalités françaises est vraiment en perte de terrain.

jeudi, 12 janvier 2006

Vous voulez une constitution, votez Sarko !

Lors de ses vœux à la presse, Sarko a dévoilé la France telle qui la rêve. Effrayant. Un président leader, avec plus de pouvoir, un premier ministre exécutant. Sur l'Europe, le Chef entend passer en force en s'asseyant sur le peuple et le 29 mai. Comment ? Par un référendum ? Non ! en faisant  approuver la réforme des institutions par le Parlement. Les référendum d'ailleurs pour Sarko le leader ça ne sert à rien : "(Le référendum) C'était une manière d'aérer le septennat, confie-t-il. Un quinquennat, c'est une année pour faire voter les textes, une autre pour préparer sa réélection. Restent trois années qu'il n'est pas nécessaire de rythmer par un nouveau scrutin." (citation du Monde). En 2007, on ne pourra pas dire que l'on ne savait pas ...

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