mardi, 04 septembre 2007
Fusion Suez-GDF : nous devons dire non !
La fusion Suez-GDF vient d’être relancée par le Président de la République. La nouvelle version du projet n’est pas plus acceptable que la précédente. La Cgt prépare le lancement d’une pétition nationale pour exiger l’arrêt du processus de privatisation de Gaz de France et l’examen de nouvelles solutions.
La fusion Suez-GDF vient d’être relancée par le Président de la République. La nouvelle version du projet n’est pas plus acceptable que la précédente.
1. Le nouveau schéma soumis aux conseils d’administration de Suez et Gaz de France confirme la privatisation de gaz de France prévue dans le projet initial. Cette privatisation conduirait à une réduction de la maîtrise publique sur l’ensemble des outils énergétiques de la France d’autant que la concurrence qui en résulterait entre EDF et Suez –GDF affaiblirait l’opérateur public restant. C’est une grave erreur à un moment où la sécurisation des approvisionnements énergétiques de la France et de l’Europe est stratégique.
2. La conséquence principale de cette opération serait une hausse rapide des prix pour les usagers et les services associés. L’attaque en règle contre le principe même de tarifs réglementés menée par la Commission européenne, rejoindrait les exigences de rentabilité financière des actionnaires. Même à supposer que le principe de tarifs publics soit conservé pour un temps, le niveau de ces tarifs ferait l’objet de hausses dictées par les actionnaires.
3. Enfin, cette opération constitue une véritable capitulation de l’Etat devant les actionnaires de Suez qui vont bénéficier de 8 à 10 milliards de distribution d’actions de Suez-environnement. Cette mise en Bourse de Suez-environnement met directement en cause les emplois dans le secteur de l’environnement qui seraient désormais directement exposés aux exigences des marchés financiers.
Si le projet est certes relancé, il est loin d’avoir abouti. Les questions à traiter sont complexes tant du point de vue social que financier. L’introduction en Bourse de Suez-environnement n’avait même pas été évoquée devant les autorités de Bruxelles. La scission du pôle environnement de Suez et son introduction en Bourse s’ajoutent donc aux nombreux problèmes posés dès le départ.
Dans cette nouvelle phase du projet de fusion, la Cgt s’engage dans un processus d’information et de mobilisation, avec la volonté d’élargir le débat avec les citoyens en convergence avec l’ensemble des organisations syndicales, les associations de consommateurs et les forces opposées au processus de marchandisation des services publics. Elle prépare le lancement d’une pétition nationale pour exiger l’arrêt du processus de privatisation de Gaz de France et l’examen de nouvelles solutions.
21:07 Publié dans Agir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gdf, suez, europe, libéralisation
mercredi, 11 juillet 2007
Propagande sur la libéralisation de l'énergie
Je sais. Nous en avons déjà parlé. La commission européenne fait sa propagande sur YouTube. Elle va même jusqu'à vanter la libéralisation du marché de l'énergie en anglais, of course. Je vous invite à consulter les commentaires liés à la vidéo, qui durant un temps ont été vérouillés, pour constater que le libre marché ne séduit pas les consommateurs, y compris ceux d'outre-atlantique comme glennid10t : « here in portland oregon USA we don't have a choice of providers. we all must pay 21 percent more for electricity since December 2006.
I hope you fellow humans in europe find the answer to stopping the big greedy energy companies from exploiting the consumers.»
09:40 Publié dans A Bruxelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, youtube, commission européenne, libéralisation de l'énergie, edf, gdf
samedi, 09 septembre 2006
Le système gazier français que l'Europe veut tuer
L’Humanité a pris connaissance de la lettre de griefs que la Commission européenne a adressée aux dirigeants de Gaz de France et de Suez dans la perspective de la fusion des deux groupes. Le document de 200 pages, dans sa version non expurgée et non censurée, est composé de quatre parties relatives au marché du gaz en Belgique, au marché du gaz en France, au marché de l’électricité en Belgique et aux réseaux de chaleur en France. Dans chacune de ces parties, la commission analyse l’impact de la fusion sur le marché et répertorie les « barrières » à la mise en oeuvre de la concurrence libre et non faussée. Il donne à ce titre de sérieuses indications sur les restructurations que Bruxelles pourrait imposer au cas où le gouvernement français déciderait de conduire le projet de fusion à son terme. Les extraits que nous choisissons de publier concernent uniquement la filière gazière nationale et les trois piliers sur lesquels elle est organisée : les contrats à long terme, le caractère intégré du groupe GDF et les prix réglementés. Ses extraits ne laissent aucune ambiguïté sur la volonté de la Commission européenne de remettre en cause le système gazier français.
Les contrats
à long terme
« 429. Certes, GDF et Suez ne sont pas les seuls opérateurs gaziers ayant conclu des contrats d’achat de gaz à long terme. En particulier les autres opérateurs historiques européens ont également accès à de tels contrats. En revanche, les autres opérateurs qui ambitionnent d’entrer sur les marchés du gaz ont plus difficilement accès à ces contrats. Ainsi, dans un tel contexte, la détention de contrats à long terme confère un réel avantage à la nouvelle entité par rapport aux opérateurs qui ne viennent d’entrer que récemment (tels EDF, Poweo ou Altegaz) ou qui ambitionnent de le faire. »
*La Commission européenne a les contrats à long terme dans le collimateur. Leur durée oscille généralement entre vingt et trente ans et offre un avantage considérable à l’entreprise détentrice. Le prix du gaz négocié dans leur cadre est inférieur de moitié à celui du marché. En cas de fusion, pour mettre à égalité GDF-Suez et ses concurrents, la Commission européenne exigera que soit mis un terme à ce genre de contrat. L’ensemble des opérateurs gaziers européens devront alors se fournir au prix du marché. Et le consommateur en fera les frais...
Le caractère intégré
de GDF :
« 483. GDF, à l’instar d’autres opérateurs historiques gaziers européens, est un groupe verticalement intégré où coexistent à la fois des activités de fourniture de gaz et des activités d’exploitation d’infrastructures gazières. Ainsi, à côté de ses activités de fournisseurs (GDF Négoce), GDF comprend trois gestionnaires d’infrastructures : GRT Gaz (transport), DGI (stockage et terminaux méthaniers) et Gaz de France Réseau Distribution (GRD Distribution). »
« 484. L’existence de tels groupes verticalement intégrés pose en soi un conflit d’intérêt structurel dès lors que les marchés et la fourniture du gaz sont libéralisés et que les fournisseurs de gaz autres que l’opérateur historique sont obligés d’utiliser les
infrastructures gazières de celui-ci. »
*La commission constate que les concurrents de GDF pour importer, transporter, et distribuer leur gaz en France seront contraints d’utiliser les infrastructures de l’entreprise nationale. Autrement dit, ils dépendront de GDF pour commercialiser leur gaz. Pour mettre fin à cet avantage, en cas de fusion avec Suez, Bruxelles exigera que l’opérateur gazier cède toute ou partie de ses infrastructures.
Les prix réglementés :
« 502. [...], la commission considère que les prix réglementés en vigueur se caractérisent par un niveau inférieur au prix du marché et qu’ils empêchent de ce fait l’entrée des concurrents sur le marché ».
*On ne peut plus clair. Pourquoi le consommateur opterait pour les prix du marché et pour la concurrence quand les prix réglementés pratiqués par GDF leur sont inférieurs ? Pour permettre à la concurrence de gagner des parts de marché et en cas de fusion avec Suez, la commission exigera que soit mis un terme aux prix réglementés. Et tant pis si, une fois encore, le consommateur en fait les frais.
Conclusion :
Les griefs formulés par la Commission européenne en disent long sur les réels objectifs poursuivis par les partisans d’une fusion GDF-Suez. Si jamais, ce processus aboutit, Bruxelles se saisira de l’occasion pour imposer le démantèlement d’un système qui en soixante ans d’existence a fait ses preuves tant en sécurité d’approvisionnement qu’en matière de prix. Un système plus efficace que le marché mais qui aux yeux de Bruxelles a le défaut de violer le sacro-saint principe de « concurrence libre et non faussée » qui préside à la construction européenne. À la lecture de ces griefs, on comprend également mieux le black-out dont les entourent le gouvernement, GDF et Suez. En effet, les extraits que nous publions démontrent que la fusion ne donnera pas naissance au géant gazier promis et n’aura pas les vertus que ses partisans lui prêtent. Les cessions d’infrastructures que Bruxelles imposera, pourraient même aboutir à ce que la nouvelle entité soit plus petite que le groupe GDF actuel. Quant à l’évolution à venir des prix du gaz, la remise en cause des contrats à long terme et des prix réglementés démontrent que la fusion provoquera bel et bien une nouvelle flambée. Plus qu’un géant gazier, la fusion GDF-Suez vise en fait à construire un concurrent à EDF. Le PDG de l’électricien national, Pierre Gadonneix, s’y prépare. Il s’est récemment déclaré intéressé par le rachat des cessions que Bruxelles imposera à GDF.
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12:25 Publié dans A Bruxelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gdf, suez, union européenne, commission européenne, bruxelles, sarlozy, ump

