samedi, 09 février 2008

A-t-on bien mesuré les conséquences de l’indépendance du Kosovo ?

Très intéressant et très réaliste ce point de vue de Claude Nicolet, Secrétaire national aux Relations Internationales  au MRC.

Les élections présidentielles qui se sont déroulées ce dimanche en Serbie, ont été présentées comme cruciales et de manières totalement caricaturales. D’un côté le bon Boris Tadic « pro occidental » voulant arrimer son pays à l’Union Européenne, à l’économie de marché et au libre échange, donc au progrès. De l’autre le méchant Tomislav Nikolic « nationaliste », représentant le passé, l’archaïsme, et désirant se rapprocher de la Russie « de Poutine ». Les deux se disent opposés à l’indépendance du Kosovo, qui à leurs yeux appartient à la Serbie.

L’un des enjeux majeurs de ce scrutin concerne bien sûr la question de l’indépendance de cette province.

Il faut regarder les choses en face : il ne semble plus avoir aujourd’hui que de mauvaises solutions. Les Albanais du Kosovo (qui sont aujourd’hui très majoritaires) disent massivement vouloir l’indépendance. La Serbie de son côté ne peut pas accepter cette indépendance pour des raisons historiques, politiques, culturelles et religieuses. Les différentes missions de médiation mises sur pied par l’ONU ont échoué. Or l’indépendance sera proclamée. Que ce soit de façon unilatérale par les Albanais du Kosovo ou dans une solution politique associant plus ou moins la Serbie si c’est Tadic qui emporte l’élection.

Quoi qu’il en soit cette perspective n’augure rien de bon et le pire sera à craindre. La perte du Kosovo créera en Serbie une frustration et une humiliation que personne ne mesure aujourd’hui et sur laquelle pourra se nourrir tous les ressentiments. En outres tous les mouvements séparatistes, indépendantistes et sécessionnistes en Europe ne pourront y voir qu’un encouragement. A-t-on pris la mesure de cet impact ? C’est la boite de Pandore qui va se rouvrir au cœur du continent, dans sa zone politique la plus instable. A la confluence des mondes latins et slaves. Orthodoxes, catholiques et musulmans. Sur la vieille frontière des influences des empires russe, ottoman et germanique. Est-il de l’intérêt de la France et de l’Europe de se mettre sur les bras un vrai problème politique et stratégique avec la Russie ?

Le résultat de cette opération sera la séparation de la Serbie et du Kosovo. Autrement dit le remodelage des frontière d’un Etat souverain, membre de l’ONU avec pour conséquence inéluctable la proclamation de l’indépendance du Kosovo qui n’a jamais été considéré comme étant une république fédérée de l’ancienne Yougoslavie. C’est la remise en cause de ce qui avait permis de sortir de la chute du Mur de Berlin et de permettre la réunification allemande dans de bonnes conditions. Notamment la conférence de Paris pour régler la dislocation de l’ancien bloc communiste avec un principe simple et clair : le respect des frontières.

Nous sommes donc face à une situation qui ne fera que s’envenimer. Il y a en germe la création d’un puissant mouvement irrédentiste au cœur des Balkans qui n’ira qu’en se renforçant. La Russie s’en mêlera et l’appuiera parce qu’il y va de ses intérêts nationaux et stratégiques les plus évidents.

Le Kosovo fait partie de la Serbie qu’on le veuille ou non et le sentiment d’appartenance qui fonde en partie le sentiment national ne disparaitra pas de si tôt. Or comme les difficultés économiques seront sans doute croissantes avec la transformation de la Serbie vers l’économie mondialisée, de fortes turbulences sont malheureusement à craindre.

jeudi, 16 novembre 2006

Euro fort : les béni-ouï-ouïstes découvrent l’eau chaude !

Bien sentie, cette réaction de Georges Sarre du MRC.

Sarkozy il y a peu, Villepin aujourd’hui, et certains prétendants socialistes, prennent subitement conscience de l’impact désastreux de la politique monétaire européenne sur les exportations, l’industrie et donc l’emploi français. Est-ce enfin l’effet 29 Mai 2005 ? Il faut dire que le cas d’Airbus crève les yeux.

Il est gratifiant de voir tout cet aréopage de décideurs d’hier et peut-être de demain venir - sur la pointe des pieds - sur une partie des analyses que, avec Jean-Pierre CHEVENEMENT, nous faisons depuis 20 ans ! Mieux vaut tard que jamais... mais quelle lenteur cérébrale, puisque tout était prévisible dès le « tournant de la rigueur » de 1983, et la politique de désinflation compétitive désastreuse pour l’économie et l’emploi, engagée, déjà, par course folle à la monnaie forte. Bilan : 1 Million de chômeurs de plus, au moins. Récompense pour M. Trichet : la tête de la BCE, car, c’est sûr, on ne change pas une équipe qui perd !

Mais les Français doivent se méfier. Ceux qui viennent faire leur marché dans la boîte à outils républicaine parce qu’ils n’ont plus d’idée sont des faussaires ! Demain, ils feront la même politique qu’hier. D’ailleurs, ils ne proposent rien de cohérent. Pour en sortir, il faut faire confiance non pas aux républicains du lendemain, qui ne le seront plus après les élections, mais aux républicains de la veille, ceux qui l’ont toujours été, et qui le resteront.