lundi, 22 janvier 2007

Prague et Varsovie, terrain de jeu militaire des USA

A l'heure où l'Allemagne et l'UMP rêve de nous doter d'un traité européen, voilà une dépêche AFP qui en dit loin sur la manière dont les USA entendent développer des partenariats avec une nouvelle Europe toujours prête à faire alliance avec la bannière étoilée, mais d'Outre-Atlantique.

 

Une Washington a officiellement demandé à la République tchèque et à la Pologne de servir de bases européennes au bouclier antimissiles américain, suscitant les protestations immédiates de la Russie."Les Etats-Unis ont contacté la République tchèque et la Pologne et vont commencer à négocier sur le possible déploiement de leurs équipements de défense antimissile", a annoncé lundi l'ambassade américaine à Prague dans un communiqué selon lequel "aucune décision finale n'a été prise et aucun calendrier de négociation établi".

 Les Américains qui se sont déjà dotés d'un réseau de satellites d’alerte, de radars de détection, ainsi que d'intercepteurs de missiles en Alaska et en Californie, souhaitent compléter leur système de défense pour parer à d'éventuelles attaques d'Iran ou de Corée du Nord en déployant un radar et dix intercepteurs supplémentaires en Europe d'ici 2011.Des experts américains ont déjà effectué plusieurs missions d'études en territoire tchèque et polonais pour ce projet qui représente un investissement de plus de 1,5 milliard de dollars. Pour présenter une proposition ferme, Washington attendait que la République tchèque, paralysée par une crise politique depuis les élections législatives de juin dernier, soit dotée d'un gouvernement stable, selon des sources diplomatiques concordantes. La demande officielle des Américains a été transmise à Prague vendredi, le jour même de la confirmation du nouveau gouvernement tchèque par le parlement.Dès le lendemain, le Premier ministre libéral Mirek Topolanek a annoncé à la presse avoir reçu la proposition. "Nous avons été informés qu'ils voulaient entamer des négociations sur la possibilité d'une mise en place d'un système de défense de missile anti-balistique dans notre pays. Concrètement, il s'agirait d'une station radar", a-t-il expliqué.

Cette proposition a suscité les protestations immédiates de la Russie qui voit d'un très mauvail oeil tout déploiement d'équipement américain antimissiles en Europe centrale. "Notre analyse conclut que l'installation d'une base américaine créera une menace évidente pour la Russie", a déclaré lundi le commandant des forces spatiales russes, le général Vladimir Popovkine, cité par l'agence Itar-Tass.Si une telle base était installée en Turquie, pays de l'OTAN "beaucoup plus proche de l'Iran, aucune question ne se poserait", a-t-il souligné. "Je doute que les trajectoires des missiles iraniens ou nord-coréens passent par la Pologne et la République tchèque", a poursuivi le général en relevant qu'en revanche, une station de radars en territoire tchèque permettrait "d'observer les activités des installations de missiles de la partie centrale de la Russie ou de la Flotte du Nord".

A Washington, le porte-parole du département d'Etat Sean McCormack a affirmé lundi que ce projet de bouclier antimissiles "ne vise pas la Russie mais ces Etats irresponsables qui pourraient posséder de la technologie menaçante pour nos amis et alliés, et pour les Etats-Unis".Et le site internet de l'ambassade des Etats-Unis à Prague assure que le système "sera dédié à 100% à la défense" et ne présente "aucune menace" pour la "force dissuasive russe". M. Topolanek a jugé les craintes russes "absurdes" tandis que sa nouvelle ministre de la Défense Vlasta Parkanova dénonçait le caractère "politico-propagandiste" des déclarations de Moscou.Toute décision nécessitera le feu vert de la chambre basse du parlement tchèque où les avis sont assez partagés, notamment du fait que le bouclier américain ne s'inscrit pas pour l'instant dans le système de défense antimissiles que prépare l'OTAN. A Varsovie, la proposition américaine suscite également des réticences et le gouvernement polonais veut des garanties supplémentaires de sécurité, de peur notamment de la réaction de Moscou.

vendredi, 05 janvier 2007

L'Europe de l'exploitation

A lire sur Libé en ligne, ce papier sur des ouvriers polonais qui se sont fait exploiter de manière lamentable en France. Bien aimé  ce passage : "Si la directive Bolkestein a perdu sa référence au «principe du pays d'origine» (qui voulait qu'une entreprise française, par exemple, puisse faire travailler un Européen selon les normes sociales en vigueur dans son pays d'origine), l'esprit semble être resté. On dira que ce sont là pratiques délictueuses d'obscures officines polonaises ou allemandes. C'est par elles généralement qu'arrivent ces travailleurs. Mais tout cela arrange bien ces entreprises françaises qui font comme si elles ne voyaient rien".

Morale de l'histoire : Prolétaires de tous pays, unissez-vous ! 

vendredi, 29 décembre 2006

Pologne : le plombier se barre, les Ukrainiens arrivent !

medium_h_9_ill_850288_par1016600.jpgLe plombier polonais vous connaissez ? Cette marionnette sortie par les Ouiouistes durant la campagne du TCE est en voie de disparition en Pologne. Le Monde, journal au combien bruxellois, publie dans son édition en ligne un papier intitulé : "La Pologne embauche des Ukrainiens pour pallier la fuite de ses artisans". Extraits. "Depuis l'adhésion de la Pologne à l'Union européenne (UE) en mai 2004, si la vague des candidats au départ, évaluée à un million de personnes, n'a épargné aucun secteur, les effets sont particulièrement visibles dans le bâtiment. Le phénomène s'est accéléré ces six derniers mois, au point que ce marché polonais pourrait aujourd'hui absorber de 100 000 à 150 000 travailleurs supplémentaires.

Signe fort, les offres d'emplois de promoteurs polonais se sont multipliées ces derniers mois dans les petites annonces de la presse polonaise. Mais comment faire concurrence aux offres de sociétés d'outre-Manche ? Ces dernières promettent des salaires jusqu'à quatre fois plus élevés - le salaire horaire brut d'un peintre ou d'un maçon pouvant atteindre 40 zlotys (10,5 euros) en Grande-Bretagne, contre 10 à 15 zlotys (de 2,6 à 4 euros) en Pologne". (...) Pour endiguer les départs, les salaires ont également été revus à la hausse, 8 à 10 % en moyenne depuis un an selon les spécialités en 2006. Mais pour pallier rapidement le manque de main-d'oeuvre, les petites entreprises, pour l'essentiel des sous-traitants, se sont retournées vers l'embauche au noir de travailleurs de l'Est. Principalement des Ukrainiens, des Biélorusses, parfois des Roumains"
 

Avec l'élargissement, on voit mal pourquoi les Roumains iraient encore se faire exploiter pour 4 euros de l'heure ... Résultat, la Pologne, en plus des UIkrainiens va peut-être aussi se lancer dans le recrutement de main d'œuvre chinoise ou nord-coréenne ...  comme en Roumanie ! La politique économique "européenne" est vraiment une réussite en matière de libéralisation de la sueur humaine, à bas prix s'entend ...

La photo (AFP) : La députée européenne polonaise Malgorzata Maria Handzlik et le commissaire européen Charlie McCreevy qui ont posé aux côtés du mannequin Piotr Adamski, le fameux "plombier polonais", histoire de se foutre des Français et des Hollandais qui ont eu le courage de dire non, peuvent être fiers des avancées sociales de l'Europe ! 

vendredi, 15 septembre 2006

Bingo pour la Pologne !

La Pologne va être la principale bénéficiaire des aides régionales européennes. Elle disposera de 59,7 milliards d'euros dont 19 milliards au titre des fonds de cohésion et 39 milliards au titre de la convergence, pour les années 2007-2013, soit 3,42 % de son PIB. De quoi construire de grands parcs d'activités pour attirer les entreprises de l'Ouest qui bénéficieront d'une main d'œuvre avec un SMIC horaire de 182 euros / mois. C'est beau l'Europe sociale.