dimanche, 12 avril 2009

Bienvenue dans l'Europe du dumping social !

Le fabricant de pneus Continental ferme une usine en France, mais fait tourner à plein régime son site roumain. Confortablement installé dans son bureau flambant neuf, le patron de l'usine de pneumatiques Continental de Timisoara, ville située à l'ouest de la Roumanie, montre un pneu posé à côté de lui. "On vient de faire les tests, il tient la route à 300 kilomètres à l'heure, affirme fièrement Thierry Wipff. C'est le nouveau modèle qu'on va produire en Roumanie." Alors que Continental s'apprête à fermer ses usines de Clairoix (Oise) en France, et d'Hanovre en Allemagne, le fabriquant de pneumatiques met les bouchées doubles pour développer son site de Timisoara.

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lundi, 24 mars 2008

Dacia : la révolte des exploités

On ne présente plus la Trabant de l'Union Européenne. Fabriquée à bas coût à l'Est elle remporte un gros succès à "l'ouest" où le pouvoir d'achat n'en finit plus de chuter. En Roumanie, les quelque 10 000 employés de Dacia ( 110km au nord-ouest de Bucarest)  ... ont décidé de se mettre en grève. Les ouvriers demandent un relèvement des salaires qui équivaudrait quasiment au doublement pour les moins bien payés. Ceux-ci gagnent actuellement 160 euros par mois, montant inférieur à la moyenne nationale. Les revendications portent également sur une hausse des primes et des rabais sur les voitures. Le porte-parole de Dacia-Renault, Liviu Ion, a déclaré lors d'une conférence de presse que l'entreprise proposait d'augmenter les salaires de 19%, ce qui représente environ trois fois l'inflation prévue pour 2008, mais qu'il ne serait pas réaliste de demander plus étant donné des pertes s'élevant selon la direction à 60 millions d'euros. Et puis si les Roumains sont « trop gourmands », le spectre de la délocalisation est là ! Le monde regorge de pauvres à exploiter et l'Europe est là pour fermer les yeux. Bravo en tout cas aux ouvriers roumains avec lesquels on peut être que solidaire. 

vendredi, 18 janvier 2008

Nokia, Europa : deconnecting people

Bochum. Ouest de l'Allemagne. 2300 salariés vont être liquidés par le leader finlandais de la téléphonie mobile Nokia. Motif : "l'usine ne répond pas aux critères de compétitivité exigés par la firme. L'Allemagne est chère, les coûts de production et les coûts salariaux sont élevés et à long terme, nous ne pouvons pas continuer avec cette usine." Dixit les déclarations à l'agence de presse Reuters  porte-parole de Nokia. Nokia va donc aller produire au pays de la main d'œuvre moins chère, la Roumanie. Grâce à l'argent fourni à l'Europe par ses principaux bailleurs de fonds l'Allemagne et la France, la Roumanie a construit par le biais du programme Phare (l'un des programmes d'aide de préadhésion), a financé un parc industriel dans lequel plusieurs entreprises investissent à l'heure actuelle. Le libéral président de la commission europénene José-Manuel Barroso rassurant a indiqué "qu'aucun financement du Fonds européen de développement n'est impliqué dans cette délocalisation". Of Course José, l'Europe a déjà financé les installations permettant la délocalisation. Le plus lamentable est ce qui suit : "Mais il faut établir une distinction entre délocalisation à l'extérieur de l'Union européenne et délocalisation en Europe. Si les investissements vont de Finlande en Allemagne, ils peuvent également aller d'Allemagne en Roumanie, soyons honnêtes". De quoi rassurer les chômeurs allemands et français victimes des délocalisations qui n'ont qu'à attendre un investisseur roumain qui acceptera de les payer 8 fois le salaire d'un Roumain ... Vive l'Europe  sociale du mino traité de Lisbonne et vive la modification de la constitution que l'on va bientôt nous imposer ! Europa : deconnecting people !

dimanche, 31 décembre 2006

L’Europe de l’Ouest reste un eldorado

Lu ce papier dans l'Huma En quête d’un meilleur salaire, deux millions de Roumains travaillent à l’étranger. Bucarest, envoyée spéciale.

 

« On ne comprend pas pourquoi la France renvoie encore des Roumains ici, alors qu’on entre dans l’Europe. » À Barbulesti, petite ville de 4 000 habitants à 65 kilomètres au sud-est de Bucarest, les habitants comptent beaucoup sur l’argent envoyé par ceux qui sont partis travailler à l’étranger. Rues sans bitume, petites maisons sans eau courante, la commune compte une école mais ni poste ni médecin. Il y a aussi une église, toute neuve, construite avec l’argent des immigrés qui vivent en Allemagne et se sont convertis au pentecôtisme. Ici, les débats qui ont remué l’opinion en Europe de l’Ouest sur l’ouverture du marché du travail semblent bien égoïstes. En 2005, les Roumains qui vivent à l’étranger ont envoyé dans leur pays plus de 4,3 milliards d’euros, soit environ 5,4 % du PIB. Les deux tiers de cette manne (65 %) ont servi à la consommation, et à l’aménagement des logements en premier lieu. Le reste a servi pour l’investissement. On estime que 7 % des ménages roumains reçoivent de l’argent envoyé par les migrants. Cet automne, ces chiffres ont fait la une des journaux, tous reconnaissants pour ces « cueilleurs de fraises », en référence aux premiers expatriés partis dans les exploitations d’Espagne. Il y aurait aujourd’hui deux millions de travailleurs roumains à l’étranger. C’est dans ce contexte qu’une équipe de chercheurs, sociologues et travailleurs sociaux de la Fondation pour une société ouverte (OSF) à Bucarest a publié à la mi-décembre un rapport (1) qui dresse le portrait des postulants au départ et analyse leur parcours.
 
L’étude menée cinq ans durant en Roumanie et dans les pays d’accueil, fait tomber quelques mythes sur les « success stories » des migrants. Leurs destinations privilégiées sont l’Italie (28 %), l’Espagne (22 %), l’Allemagne( 13 %), la Hongrie (6%) puis le Canada et les États-Unis. Avec un taux de chômage en baisse constante, ce n’est pas le manque d’emploi qui détermine les rêves d’exil. Mais plutôt la faiblesse des revenus. « Il n’y qu’une chose qu’un Roumain regarde quand il se décide à chercher un travail à l’étranger  : ce qu’il gagne dans son pays et ce qu’il pense pouvoir gagner en partant », estime Daniel Kozak de l’Organisation internationale pour les migrations à Bucarest. Selon l’étude de l’OSF, 70 % des départs sont motivés par les gains espérés. Aujourd’hui, le premier secteur où exercent les Roumains de l’étranger est le bâtiment. Pour la plupart, les migrants sont qualifiés mais exercent « dans des métiers qui ne correspondent ni à leur formation, ni à leur expérience. La plupart des femmes qui arrivent en Espagne débutent comme femme de ménage nondéclarée, avant de franchir une à une les étapes vers un travail légal puis plus qualifié », ajoute Daniel Kozak. Majoritaires dans les premières vagues de migration, les hommes ne représentent plus en 2005 que 37,6 % des migrants. Les profils se diversifient au fil des années : la moitié des expatriés viennent aujourd’hui de zones rurales et leur âge moyen diminue.
 
Aujourd’hui, 11 % des 18-54 ans aimeraient trouver un travail à l’étranger, soit plus d’un million de Roumains. Nombre d’entre eux ont déjà goûté au voyage : 40% de ceux qui ont déjà travaillé à l’étranger aimeraient renouveler l’expérience. Des sociétés se sont créées pour aider les postulants au départ à trouver un travail. Et sur une chaîne de télévision privée, Realitatea TV, la présentatrice Melania Medeleanu anime quotidiennement une émission qui célèbre ces « aventuriers débordants de courage ». D’une façon générale, les ré- cits font plus de jaloux quand ils sont racontés par des travailleurs de retour au pays que lorsqu’ils sont faits dans la solitude d’un exil qui ressemble rarement aux projections des aspirants au départ.
 
C’est aussi ce que montre l’étude de l’OSF : témoignages de couples qui se séparent, amitiés qui se défont au profit de relations d’argent, « portables qui se coupent » quand un nouveau venu tente de joindre ceux qui l’ont fait venir à l’étranger... Il y a aussi les nuits sous les ponts de Rome, et bien sûr les boulots très mal payés ou pas payés du tout... Des réalités que l’Organisation internationale pour les migrations tente de prévenir via une campagne contre l’immigration illégale, et un service d’information par téléphone pour renseigner les postulants au départ sur l’autre face du rêve. A. R.
 
(1) « Living abroad on a temporary basis, the economic migration of Romanians : 1990-2006 », étude à paraître en ligne sur le site de l’Open Society Foundation : www.osf.ro

mardi, 26 décembre 2006

Le 1er janvier, la Bulgarie et la Roumanie seront intégrés, malgré nous !

C'est en catimini que la Bulgarie et la Roumanie vont faire leur entrée dans "l'Union" européenne le 1er janvier. Bien aimé ce commentaire avisé de Dupont-Aignan, candidat à la présidentielle : « Ça a été voté en douce à l'Assemblée, c'est scandaleux. C'est un pied de nez aux 55 % des Français qui ont voté « non » », s'indigne le candidat à l'élection présidentielle, qui ajoute que « l'arrivée de la Bulgarie et de la Roumanie va peser encore davantage sur les salaires et les conditions de travail en France. »
Cette arrivée, en revanche, va faire la joie des actionnaires des gros groupes qui exploite une main d'œuvre bon marché. Vive l'Europe !

vendredi, 06 octobre 2006

Roumanie cherche Chinois !

C'est ça l'Europe. Lu dans Libé ce papier suite à l'annonce de l'intégration à venir de la Roumanie dans l'Europe. Intégration sur laquelle vous et moi n'avons rien à dire ! Of course. Bref, la Roumanie a un problème. Sa main d'œuvre se barre pour aller se faire exploiter en Angleterre ou en Irlande. Résultat, ceratins boss roumains ont décidé de faire appel à la main d'œuvre ... chinoise !

"Ainsi, à Bacau, dans le Nord-Est, le directeur d'une entreprise textile a fait venir quelques dizaines d'ouvrières chinoises, qui remplacent les Roumaines parties à l'étranger. Payées 250 euros par mois, elles gagnent trois fois plus qu'en Chine. D'autres sociétés embauchent des Moldaves, des Ukrainiens ou des Turcs. Petit à petit, la Roumanie se prépare à devenir un pays d'immigration ; mais, pour que les choses aillent plus vite, il faudrait que la législation change, car, aujourd'hui, les permis de travail pour les étrangers ne sont délivrés qu'au compte-gouttes".

Merveilleux de cynisme !