vendredi, 03 avril 2009
Non à l'Otan, les voix résistantes
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samedi, 01 novembre 2008
Les chemins de Bruxelles mènent à Vichy !
Ce n'est pas un hasard ! Notre bonne Europe montre son vraie visage à Vichy. C'est là que les ministres européens en charge de l’immigration vont signer officiellement le "pacte européen pour l’immigration". Objectif ? Créer une Europe forteresse ...
21:10 Publié dans Voix résistantes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : immigration, europe
samedi, 10 novembre 2007
Chevènement sur Rue89.com
17:05 Publié dans Voix résistantes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chevènement, traité simplifié, europe
mardi, 23 octobre 2007
Non au traité simplifié européen
A lire, cette tribune de Georges Sarre parue dans le Monde. Ça change des vociférations anti-Chouard que l'on peut lire sur les blogs des valets de Bruxelles !
Sur le plan social, justement, la "concurrence libre et non faussée" est optiquement supprimée des objectifs de l’Union. Mais toutes les politiques qui y concourent sont reprises, et l’article I-3 du traité continue de s’appliquer, notamment son point g) : "L’action de la Communauté comporte un régime assurant que la concurrence n’est pas faussée dans le marché intérieur."
Il en va de même sur toute la partie III, qui, semble-t-il, est retirée du traité simplifié... Mais son contenu s’applique quand même, puisqu’il est déjà présent, pour l’essentiel, dans les traités précédents. Ainsi, nulle remise en question de la politique monétaire n’est à l’ordre du jour, malgré les rodomontades du candidat Sarkozy contre l’euro fort. Nulle discussion non plus de la politique commerciale ouvrant l’Europe à tous les vents de la mondialisation néolibérale, malgré les aveux récents du commissaire Mandelson lui-même !
Quant au principal instrument d’une Europe pragmatique, les coopérations renforcées, elles sont rendues plus difficiles, puisqu’il faudrait désormais rassembler neuf pays, contre huit auparavant. On pourrait ainsi multiplier les exemples démontrant que le traité simplifié est un copier-coller de la Constitution rejetée par les peuples français et néerlandais : ainsi le ministre des affaires étrangères est supprimé, mais le haut-représentant de l’Union pour la politique étrangère et de sécurité est investi des mêmes prérogatives.
Premier scandale : on soumet, à nouveau, à la ratification française, un texte qui, il y a moins de trois ans, a été rejeté par la France. Second scandale : on envisage de priver les citoyens de référendum, en comptant sur le cénacle fermé du Congrès réuni à Versailles pour contredire le verdict du seul souverain qui vaille : le peuple.
A défaut de pouvoir éviter le premier, il faut récuser farouchement ce second scandale. Et c’est pourquoi nous réclamons un référendum, que seule une mobilisation civique pourra imposer. Elle ne peut se fonder que sur une exigence démocratique réaffirmée, et sur une analyse lucide et critique du traité. Le Mouvement républicain et citoyen y contribuera dans les semaines à venir, avec tous ceux qui le veulent, notamment sur Internet (www.nonnonetnon.org).
Et si d’aventure le président de la République devait s’entêter à choisir la voie parlementaire, les députés et sénateurs de gauche, notamment socialistes, auraient, en votant non, l’occasion de réconcilier la gauche avec les principes républicains, et de combler le fossé qui sépare le peuple de ses représentants. Ce serait un signal fort qui ouvrirait l’avenir de la refondation de la gauche.
14:55 Publié dans Voix résistantes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, mini traité, non
samedi, 20 octobre 2007
Lisbonne contre l'intérêt et la liberté de la France
Bien sentie cette réaction de Jean-Pierre Chevènement. Le Président Sarkozy, au lieu de s'appuyer sur le « non français » pour obtenir des concessions sur le gouvernement économique de la zone euro, sur la politique monétaire ou sur la préférence communautaire a capitulé sur toute la ligne.
Quant au Haut Représentant de l'Union pour la politique extérieure dans une Europe à 27 largement inféodée à Washington, que pourra-t-il dire le jour où M. Bush décidera de lancer ses missiles sur l'Iran : rien qui puisse le contrarier ! Et la France là-dedans ? Elle ne va pas contredire l'Europe. Elle s'écrasera donc !
Voilà à quoi conduit la politique de M. Sarkozy : elle prétend relancer l'Europe mais en fait elle va contre l'intérêt et contre la liberté de la France, et par conséquent contre l'idée même d'une Europe européenne.
10:58 Publié dans Voix résistantes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, traité de lisbonne, France.
mardi, 09 octobre 2007
Hommage ...
1967-2007 ... Che Guevara nous manque.
07:10 Publié dans Voix résistantes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : che guevara
dimanche, 12 juin 2005
Les 10 exigences d’Attac-France pour le Conseil européen des 16 et 17 juin
Un communiqué de presse d’Attac-France.
La victoire du « non » lors du référendum du 29 mai traduit la volonté des citoyens français d’une remise à plat totale de la construction européenne. Les autorités publiques françaises -chef de l’Etat, Premier ministre, gouvernement- doivent respecter la souveraineté populaire. De leur côté les représentants des autres pays de l’Union européenne doivent tenir compte du mandat donné au gouvernement français.
Une occasion leur est donnée lors du Conseil européen qui se tiendra à Bruxelles les 16 et 17 juin. Ce Conseil devra donner des signes tangibles que le message du peuple français a été entendu.
C’est la raison pour laquelle Attac-France a proposé d’organiser une délégation des premiers responsables des organisations politiques, syndicales et associatives qui ont appelé au rejet du traité constitutionnel européen au titre d’une Europe sociale, internationaliste, solidaire, féministe, écologiste et démocratique. Elle pourrait se rendre à Bruxelles le 16 juin en fin de matinée et demander à être reçue par le Conseil afin de présenter les exigences qui se sont exprimées lors du référendum. Une conférence de presse pourrait être organisée sur place à 12h00.
Par ailleurs, Attac-France a demandé une audience, avec les organisations qui le souhaiteront, au nouveau Premier ministre, M. de Villepin, pour préparer la réunion de ce Conseil.
Sans attendre les nécessaires renégociations, Attac-France propose dix mesures immédiates qui permettraient au Conseil européen de démontrer une volonté de concilier la construction européenne avec les attentes exprimées par les peuples européens.
- 1.- Demande du Conseil à la Commission de retirer toutes les directives européennes de libéralisation en cours (notamment les directives Bolkestein, sur le temps de travail, sur les aides publiques aux entreprises, sur les transports ferroviaires...).
- 2.- Réunion d’urgence de l’Eurogroupe pour exiger une modification substantielle de la politique monétaire par la baisse des taux d’intérêt et la recherche d’une parité de change entre le dollar et l’euro plus favorable à ce dernier.
- 3.- Engagement de procéder à un nouvel assouplissement du pacte de stabilité.
- 4.- Augmentation substantielle du budget européen et des fonds structurels à destination des pays nouveaux entrants, seul moyen de les aider dans leur développement au lieu d’encourager le dumping social et fiscal et les délocalisations.
- 5.- Organisation d’une relance économique européenne, y compris par l’emprunt, fondée sur des investissements dans les infrastructures publiques contribuant à améliorer l’environnement, les transports ferroviaires, l’éducation, la santé..., et visant à la création d’emplois.
- 6.- Accroissement de l’aide publique au développement à 0,7 % du PIB des Etats membres de l’Union, implication plus forte dans les objectifs du millénaire et annulation de la dette des pays pauvres.
- 7.- Moratoire sur les négociations de l’Accord général sur le commerce des services (AGCS).
- 8.- Mise en place de groupes ad hoc visant à préparer des mesures pour mettre fin aux paradis fiscaux et pour promouvoir les taxes globales.
- 9.- Retrait immédiat d’Irak des troupes de pays membres de l’Union.
- 10.- Remise à plat de l’ « agenda » de Lisbonne (Conseil européen des 23 et 24 mars 2000) et de l’agenda social 2005-2010. [1]
NOTES
[1] Il a été décidé à Lisbonne de « moderniser les systèmes de sécurité sociale et d’éducation », et chacun sait ce que cela signifie dans le langage bruxellois ; d’accélérer « les réformes structurelles pour renforcer la compétitivité et l’innovation et par l’achèvement du marché intérieur » ; de « pleinement intégrer et libéraliser les marchés des télécommunications » ; de « définir une stratégie pour l’élimination des entraves aux services » (AGCS) ; d’ « accélérer la libéralisation dans des secteurs tels que le gaz, l’électricité, les services postaux et les transports, l’espace aérien » ; de « faciliter la participation constructive de tous les investisseurs à un marché intégré en supprimant les obstacles à l’investissement dans les fonds de pension » ; de « réduire la pression fiscale qui pèse sur le travail, notamment sur le travail peu qualifié et faiblement rémunéré, améliorer les effets d’incitation en faveur de l’emploi et de la formation des régimes d’imposition et d’allocations ».
15:50 Publié dans Voix résistantes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe
On vole leur vote aux Français
Une interview d'Emmanuelli réalisée par Isabelle Mandraud et Sylvia Zappi parue dans le Monde.
Comment jugez-vous la réaction du gouvernement après la victoire du non ?
C'est stupéfiant. On aurait pu s'attendre à ce que le président en tire des conséquences sérieuses, comme avancer la date de l'élection présidentielle. Mais cela supposerait que M. Chirac eût de la dignité. C'est un voeu pieux.
Au lieu d'une réaction à la hauteur de ce vote exceptionnel, le président réagit en chef de clan assiégé en nommant un gouvernement composé de sa garde rapprochée : Dominique de Villepin, ancien secrétaire général de l'Elysée, à Matignon, Catherine Colonna, ancienne attachée de presse, aux affaires européennes...
Et que fait ce premier ministre qui n'est là que par le fait du prince : il annonce aux élus du suffrage universel qu'il va légiférer par ordonnances, c'est-à-dire sans eux ! Pire, le président utilise le gouvernement pour en faire le champ clos des querelles de la droite...
Quelle conclusion en tirez-vous ?
On vole aux Français leur vote. On s'assoit dessus, et c'est risqué. Personne, et surtout pas de Gaulle, n'aurait fait preuve d'un tel mépris. Je ne laisserai pas piétiner ce vote par des personnes qui essaient, de surcroît, d'en dévoyer la signification.
Vous dénoncez une crise de régime ?
C'est grave. Certes, les institutions sont exsangues, car nous n'avons pas été au bout de la réforme du quinquennat. Mais on assiste aussi à une perte de conscience inquiétante de ce que sont les principes de base d'une démocratie. La rupture est complète entre les pratiques du monde politique et les exigences minimales de la démocratie. Les Français le mesurent.
Vous critiquez aussi la réaction du PS...
Oui. La majorité du PS se trompe. Je ne comprends pas qu'elle traite le suffrage universel de cette façon. Le 21 avril 2002, c'était la même chose : on nous a expliqué qu'il ne s'était rien passé, que l'électorat avait été inconséquent.
Cette fois, les mêmes ne veulent pas reconnaître leurs erreurs et nous expliquent que le peuple s'est trompé, s'est laissé aller à ses mauvais penchants, ses peurs, sa xénophobie. C'est en tout cas la thèse de François Hollande, qui estime que le vote est une "addition de peurs" .
Quant à Dominique Strauss-Kahn, il parle de "balle perdue de la colère" . Ça me rappelle Benjamin Constant, le père du libéralisme, qui, en 1815, s'opposait au suffrage universel en disant que le peuple n'était pas conscient de ses intérêts, et a fortiori de l'intérêt général !
Par ailleurs, les partisans du oui disent : "Bravo, avec le non, on a maintenant Villepin et Sarkozy." Mais qu'aurions-nous eu si le oui l'avait emporté ? Raffarin IV ? Moi, Chirac, je ne lui ai jamais fait confiance et je n'ai pas fait campagne avec lui.
Comment envisagez-vous la suite au sein de votre parti ?
Il faudrait prendre le temps de comprendre et d'analyser ce qui s'est passé. Au lieu de cela, on s'imagine qu'on va répondre à ce qui est apparu comme une insurrection électorale tranquille par une manoeuvre d'appareil, avec un congrès vite expédié. En espérant que les trois ou quatre grosses fédérations s'exprimeront massivement comme elles ont l'habitude de le faire. Et certains pensent que tout pourra continuer comme avant.
Que voulez-vous dire ?
Depuis plusieurs années, le parti s'autoverrouille. Il me paraît de plus en plus regrettable que le poids de l'appareil place systématiquement le PS à côté des craintes et des espérances de sa base sociale. La solution à cette distorsion n'est pas de fermer les portes et les fenêtres, mais, au contraire, de les ouvrir en grand.
Comment ?
Je souhaiterais que ceux et celles qui se sont impliqués dans la campagne aient la possibilité d'être partie prenante de notre projet. La direction ne le veut pas : c'est pour cela qu'elle veut aller vite. Pour ma part, le 18 juin, je vais réunir les collectifs du non socialiste.
A cette occasion, nous lancerons un appel à tous les minoritaires du PS qui ont voté non et qui ont vocation à se rassembler pour présenter une motion commune pour le congrès et réorienter le parti sur une position europrogressiste.
Cela peut-il déboucher sur un candidat du non à l'élection présidentielle ?
J'aimerais que l'on cesse de réduire la politique française à la présidentielle. Moi, j'ai proposé une méthode : l'organisation de primaires à gauche. Tout le monde, tous les partis de gauche qui le souhaitent doivent pouvoir y participer et prendre part à la préparation d'un programme de législature et ensuite à la primaire.
Cela permettrait que le candidat ne dépende pas des jeux d'appareil et qu'il soit désigné par les électeurs de gauche. Cela aurait tout de même une autre allure qu'un Sarkozy autodésigné par sa seule ambition !
09:35 Publié dans Voix résistantes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe
mercredi, 08 juin 2005
Dogmes
Lu dans l'Humanité, cet édito de Maurice Ulrich
C’est l’Europe libérale rejetée dans les urnes que cette droite désavouée avec ce gouvernement bricolé entend toujours mettre en place dans les faits.
Et voilà. Ce sont maintenant les Anglais qui font leur mauvaise tête. Puisque ça se passe comme ça, a annoncé hier Tony Blair, la Grande-Bretagne ne votera pas. Une punition pour un peuple qui à son tour aurait peut-être eu l’audace de dire « non » ou bien plutôt un renoncement à ratifier un texte dont il est patent désormais qu’il n’a plus de valeur ? Car la réalité, c’est celle-là. Les auteurs du texte étaient tellement sûrs de leur fait qu’ils n’avaient programmé que l’unanimité pour le ratifier. Le « non » de la France et le « nee » des Pays-Bas ont mis le traité « out », et c’est logiquement que l’Angleterre en prend acte.
La France, nous disait-on, sera isolée. Mais c’est le contraire. L’Europe continue et existe sans ce traité mais le « non » français l’amène, instruite par son passé, à se pencher sur son avenir. Il a d’une certaine manière agi comme un révélateur. C’était plié, semble-t-il, pour la loi généralisée de la concurrence. La consultation des peuples, quand on allait les consulter, n’était qu’une formalité. Le « non » a fait éclater cette caricature de démocratie qui devait imposer un texte mis au point entre soi dans les laboratoires du libéralisme. Le « non » est en passe, aussi, de démontrer que l’Europe, dont le traité allait inscrire la politique économique dans la constitution, ne va pas bien. Chômage, délocalisations, précarité... Mais c’est aussi l’euro qui va mal. Il n’y a pas qu’un ministre italien pour avoir souhaité un retour à la lire, et en Allemagne même, la semaine passée, on s’inquiétait en haut lieu de savoir s’il ne fallait pas revenir à une double circulation de l’euro et du mark. Et pendant ce temps, le président de la Banque centrale européenne poursuit son chemin sans varier. Pas étonnant, il a tous pouvoirs. Ce n’est pas du « non » que souffre cette Europe-là, mais des logiques qui l’inspirent.
Oh, on voit bien ce qui va se dire chez ceux qui veulent à toutes forces voir un « non » des frustrations, une revanche des masses livrées aux passions. Il y aurait désormais, dans la République, des élites d’un côté et, de l’autre, comme l’écrivait hier un quotidien national, des Français qui se sentiraient « incompris » ! Un malentendu en somme. Certes il y a eu, le 29 mai, de la colère et du refus. Comment en irait-il autrement quand les politiques menées depuis des années n’ont fait qu’aggraver la situation de millions de salariés, accroître l’angoisse des plus modestes comme des couches moyennes ? Mais précisément, le vote de millions d’électeurs qui ont participé à des milliers de débats dit bien plus. Ils ont très bien compris. Ils ne veulent pas que les choses restent en l’état mais ils veulent majoritairement une autre Europe, sociale et démocratique. C’est ce message que la droite - mais aussi, malheureusement, une partie de la gauche - fait semblant de ne pas entendre.
Qu’entend ainsi proposer cette semaine le premier ministre Dominique de Villepin ? On ne connaît pas encore les mesures qu’il devrait annoncer mais on a entendu ses mots. Agir pour l’emploi, « sans tabous », tandis que le président de l’Assemblée Jean-Louis Debré appelait à ne pas s’accrocher aux « dogmes » et que le président à l’Assemblée du groupe UMP, Patrick Ollier, invitait à « toiletter le Code du travail ». Mais oui, c’est le cheval fourbu de la flexibilité, de la précarité et des baisses de charges pour l’emploi que l’on va nous présenter comme le destrier de la modernité.
C’est l’Europe libérale rejetée dans les urnes que cette droite désavouée avec ce gouvernement bricolé entend toujours mettre en place dans les faits. La gauche, celle qui a voté « non », celle qui n’en voulait pas ou n’y croyait pas, le mouvement social, les forces syndicales et politiques ont du travail. Pour la France et pour l’Europe.
20:29 Publié dans Voix résistantes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe
lundi, 30 mai 2005
La victoire d'un peuple debout et informé
Communiqué du Bureau d’Attac.
Selon des résultats provisoires, le « non » aurait gagné avec 55 % des voix contre 45 % au « oui ». Les abstentions ne s’élèveraient qu’à 30 %, chiffre le plus bas de toutes les consultations européennes depuis qu’il en existe.
29 mai 2005
Le peuple français vient de dire non au traité constitutionnel. Un non très majoritairement démocratique et européen. Ce faisant, les citoyennes et les citoyens ont d’abord dit non au néolibéralisme, dont le texte soumis à référendum constituait une éloquente défense et illustration. Ce non est en même temps un oui à une Europe indépendante, internationaliste, sociale, écologique et féministe ; un oui à une Europe solidaire : solidaire avec le reste du monde, en premier lieu avec le Sud, et avec les générations futures.
Mais c’est aussi un oui à la démocratie, honteusement tournée en dérision par une propagande d’Etat agissant de conserve avec un système médiatique dont la quasi totalité des acteurs a fait preuve d’une partialité inouïe et d’une morgue insultante à l’égard des « moutons noirs » qui avaient l’audace de ne pas prendre pour argent comptant les arguments d’autorité assénés par les partis du « oui ». Les citoyennes et les citoyens ont démontré avec leur bulletin de vote qu’ils étaient allergiques au bourrage de crâne. C’est pourquoi cet événement, par sa valeur d’exemple, a une portée historique, aux très importantes répercussions dans le reste de l’Europe et du monde.
Attac rend hommage aux dizaines et dizaines de milliers de citoyens qui se sont dépensés sans compter dans la bataille du référendum : les membres de ses diverses instances, en premier lieu de ses comités locaux ; les membres des collectifs unitaires ; les membres des autres organisations politiques, syndicales et associatives qui se sont mobilisés avec la même détermination ; et aussi les citoyens isolés ou inorganisés qui ont accompli un travail de proximité particulièrement efficace. Chacun, à sa manière, dans une dynamique unitaire a œuvré, pour expliquer autour de lui les enjeux et le contenu du traité, et donc pour assurer la victoire du non. Cette victoire n’appartient à personne : elle est celle d’un peuple debout et informé. Les fêtes de la victoire du NON seront l’occasion de faire le bilan de la campagne et de débattre des perspectives.
Attac exprime sa profonde gratitude à tous les mouvements Attac du monde, en premier lieu à ceux d’Europe, qui, sous de multiples formes, ont fait preuve d’une solidarité sans faille à l’égard du combat de notre association. Les Volontaires européens pour le non français, venus d’une douzaine de pays, et qui ont sillonné la France de meeting en meeting, méritent notre reconnaissance particulière. Démentant par leur présence fraternelle les allégations calomnieuses des partis du oui, ils ont authentifié le sens de l’engagement d’Attac : non pas contre l’Europe, mais pour une autre Europe à construire ensemble. S’est ainsi renforcé un début d’espace public européen appelé à s’élargir. Dans le cadre des Volontaires européens, Attac France se tient évidemment à la disposition des Attac des pays dans lesquels vont être organisés des référendums, à commencer par le Luxembourg, le Portugal et le Danemark, pour les aider dans leur combat.
La victoire du non place tous ses acteurs devant des responsabilités nouvelles : il leur appartient, chacun avec sa spécificité, d’être à la hauteur de l’immense élan populaire qu’ils ont contribué à faire naître.
Pour sa part, Attac France va immédiatement engager, tant en son sein qu’en liaison avec les collectifs auxquels l’association participe, un travail de définition des politiques européennes répondant aux attentes qui se sont exprimées ce 29 mai. Attac France va également proposer aux autres Attac d’Europe la tenue, au début de l’automne, d’une Convention des Attac d’Europe. Cette Convention pourrait déboucher sur une plate-forme européenne commune, à soumettre à chaque gouvernement. Le Forum social européen 2006 à Athènes prend de ce fait une dimension particulière pour Attac, pour les mouvements sociaux et pour les peuples européens.
Le néolibéralisme qui inspire le traité ne s’arrête pas aux frontières de l’Union européenne. Il est également porté, à un niveau encore plus élevé, et avec une particulière virulence, par les organisations internationales : le G-8, le FMI, la Banque mondiale, l’OCDE et l’OMC. La prise de conscience - grand acquis citoyen du référendum - de la filiation entre les politiques nationales menées en France depuis plus de vingt ans et celles décidées au niveau européen doit maintenant s’étendre au niveau mondial. Deux importants rendez-vous doivent, à cet égard, faire l’objet d’une mobilisation rapide et élargie : la réunion du G-8 en Ecosse en juillet, et celle de l’OMC, à Hongkong en décembre, où la libéralisation supplémentaire de l’agriculture et des services (AGCS) sera à l’ordre du jour. Attac va proposer aux collectifs pour le non français de s’inscrire dans ces deux grands combats, ainsi que dans ceux des taxes internationales, des paradis fiscaux, des OGM et de l’eau, entre autres.
Dans un avenir encore plus immédiat, il nous appartient de répondre au défi, frôlant la provocation, que Tony Blair nous lance en proposant un programme de travail ultralibéral pour la présidence britannique de l’UE du second semestre. Nous devons être nombreux à la manifestation de Bruxelles, les 16 et 17 juin, à l’occasion du dernier Conseil européen de la présidence luxembourgeoise qui passera le relais au fils spirituel de Margaret Thatcher. Il devra donner des signes tangibles que le message des électeurs aura été bien reçu.
Attac demande aux citoyens qui ont voté oui en croyant rapprocher l’heure de l’Europe sociale et combattre le néolibéralisme de se joindre à nous tous pour livrer ces combats. Ils y ont toute leur place.
Attac est un mouvement d’éducation populaire tourné vers l’action, et le restera. Les recompositions politiques ne sont pas de son ressort. En revanche, et en particulier dans l’élaboration des alternatives au néolibéralisme, tant au niveau français et européen qu’international, Attac va renforcer son rôle de proposition et d’aiguillon à partir du chantier que l’association va mettre en route, et qui impliquera toutes ses composantes, tous ses adhérents et ses comités locaux.
Attac appelle à l’organisation d’un tour des pays de l’Union. Attac France sillonnera ces pays pour expliquer le NON français, rassembler des forces à l’échelle européenne, mettre au point des alternatives. Attac France appelle toutes les autres organisations à faire de même.
Attac, Paris, 29 mai 2005, 22 h.
09:53 Publié dans Voix résistantes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe

